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Santé : le pouvoir des plantes

Neuro-sys, start up créée en 2013 a initié des processus innovants pour lutter, par les plantes, contre les maladies neurodégénératives et plus particulièrement les maladies d’Alzheimer, Parkinson et Charcot.

A partir de plantes médicinales qui proviennent d’Asie du Sud-Est, Neuro-sys, basée à Gardanne, développe des molécules utilisables pour le traitement des maladies neurodégéneratives. « C’est le résultat d’un partenariat avec l’Institut de Développement Vietnam Pacifique (IDVP) qui nous permet de profiter en exclusivité  de leurs travaux sur 3700 plantes » évoque Yann Jaudouin son fondateur avec Philippe Caron. L’industrie pharmaceutique travaille aujourd’hui avec des molécules d’origine synthétique qui reviennent moins cher. Or, les plantes se révèlent un vivier extraordinaire de nouvelles sources de molécules. Seules 3 % d’entre elles ont été étudiées. Grâce aux médecines traditionnelles au Vietnam, en Nouvelle Calédonie, il est possible de développer de nouveaux traitements. Un exemple ? « Si pour le tremblement des vieillards, telle ou telle plante est utilisée, on teste dans nos laboratoires son efficacité pathologique avant de développer un mode d’action » reprend Yann Jaudouin. Neuro-sys vise des marchés divers, pharmacologies, bio technologies, avec une partie dédiée aux compléments alimentaires. Autre axe d’intervention la réalisation de tests pour l’industrie pharmaceutique. « C’est une prestation de services ». Au final, le marché est colossal, « plus de 43 milliards de dollars » estime Yann Jaudouin. La société vient d’effectuer une levée de fonds de 345 000 euros. Un gros tiers géré par la plate forme de crowd-funding, Hoolders.com, 100 000 euros émanant de Caap Création, fonds du Crédit Agricole et 115 000 euros apportés par Paca Emergence. Un financement permettant d’accélérer les programmes de recherche sur certaines maladies sans remède actuel et de créer un laboratoire d’eco extraction de produits naturels. « C’est une garantie de confidentialité mais aussi de nouveaux gains ». Neuro-sys table aussi sur la vente de composé actif à l’industrie pharmaceutique. Le premier sera mis sur le marché le mois prochain. « On sort un brevet par an, 6 programmes sont en cours. Leur valorisation s’échelonne entre 500 000 et 3 millions d’euros tout dépend du potentiel de développement ». A terme, Neuro-Sys œuvre pour la valorisation de résidus issus d’algues et de plantes en bio carburant. Un procédé qui pourrait s’appliquer à l’agro-alimentaire. L’intérêt ? « Le bilan énergétique de ces bio- carburant est négatif, il va devenir rentable de les utiliser ».

Fabienne Berthet