​Les experts-comptables entre incertitudes budgétaires et transition numérique


Rédigé le Mercredi 14 Janvier 2026 par Laurie Maneval


Alors que le pays ne dispose toujours pas d’un budget définitivement adopté, le Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables Provence-Alpes-Côte d’Azur poursuit sa tournée de vœux et de conférences en région. Le 13 janvier dernier, 450 experts comptables étaient réunis au stade Vélodrome pour entendre les dernières mises à jour.


Le 13 janvier, 450 experts comptables se sont réunis au stade Orange Vélodrome. ©NBC
« Vous vous êtes déplacés pour découvrir les nouveautés d’une loi de finance qui n’existe pas », s’amusait Nicolas Ferrand, président du Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables Provence-Alpes-Côte d’Azur, le 13 janvier dernier en inaugurant la soirée de voeux du CROEC. A l'époque, le gouvernement n’avait toujours pas encore adopté ce 13 janvier le projet de loi de finances (PLF) 2026. Depuis lors, on a vu que Sébastien Lecornu avait préféré revenir sur sa promesse de ne pas utiliser le 49.3, plutôt que de faire passer ce budget par ordonnances. 

Dans l'attente, une loi spéciale avait été promulguée pour assurer la continuité des dépenses publiques, et la profession des experts-comptables s’interrogeait : « On est mieux lotis que l’an dernier, avec une certaine cohérence dans la continuité gouvernementale, mais les incertitudes demeurent toujours », concède  Jean-Pierre Cossin, conseiller maître à la Cour des Comptes.

Entre Sisteron, Avignon, Aix, Marseille, Toulon et Cagnes-sur-Mer, ce sont plus de 2 500 professionnels, experts-comptables, collaborateurs, commissaires aux comptes, qui étaient rassemblés au stade vélodrome. « C’est une tradition de début d’année, à la fois un moment de vœux et de formation, avec un tour d’horizon très dense de l’actualité budgétaire, explique Nicolas Férand. Il n’y a pas de grands bouleversements dans la loi de finances. Ce sont surtout des ajustements. En réalité, les vrais changements fiscaux interviendront après les élections, en 2027 ou 2028 », a-r-il ajouté.

Facturation électronique : le vrai tournant de 2026

Nicolas Ferrand, président du Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables Provence-Alpes-Côte d’Azur. ©NBC
Au-delà du PLF, c’est bien l’entrée en vigueur de la facturation électronique obligatoire qui constitue la principale échéance réglementaire. A compter du 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA auront l’obligation de recevoir des factures au format électronique. Et, à compter du 1er septembre 2027, elles auront l’obligation de les émettre dans le même format. « C’est une transformation de fond. Cela impactera l’organisation interne des entreprises, et il faudra accompagner nos collaborateurs dans ce changement », souligne Nicolas Férand. Dans le courant de l'année 2026, le Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables Provence-Alpes-Côte d’Azur accueillera Sébastien Rabineau, directeur du projet facturation électronique à la DGFiP pour détailler les contours du dispositifs. 

La CSRD, directive européenne sur le reporting de durabilité, qui commence à s’appliquer en 2026, est un autre point de vigilance pour la profession. Elle impose déjà une nouvelle exigence de transparence extra-financière pour de nombreuses entreprises, et son périmètre s’élargit progressivement. Par ailleurs, les experts des chiffres ont annoncé également leur volonté d’accélérer le déploiement de l’IA dans leurs opérations. 

Hausse des impayés

Jean-Pierre Cossin, conseiller maître à la Cour des Comptes. ©NBC
Dans un climat économique encore tendu, marqué par une hausse des impayés depuis fin 2025, Nicolas Férand montre une certaine inquiétude. « Le secteur du BTP est particulièrement affecté. Cela se répercute sur toute l’économie locale. Les chefs d’entreprise restent motivés, heureusement, mais la vigilance est toujours de mise », analyse-t-il tout en ajoutant que le paiement des dernières échéances, en avril 2026, des PGE souscrits devrait apporter une bouffée d’oxygène bienvenue aux trésoreries les plus tendues. 

Les instances régionales de la profession ont profité de cette journée de voeux pour apporter leur soutien à plusieurs associations locales. Des dotations ont été remises notamment à la Banque alimentaire, à la Ligue contre le cancer et à l’association marseillaise Graines de Joie.



Laurie Maneval
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