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Apprentissage en Provence-Alpes-Côte d’Azur : La crise du coronavirus fragilise la stabilité des effectifs

Décryptages

           

Marseille, le 23 septembre 2020 – L’édition 2020 du baromètre ISM-MAAF de l’artisanat évalue l’impact de la crise du Coronavirus qui a durement touché les apprentis au même titre que les salariés. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la pandémie est ainsi susceptible de venir ternir fragiliser la stabilité des effectifs en apprentis, même si les récentes mesures gouvernementales en faveur de l’apprentissage sont encourageantes pour les entreprises.


Apprentissage en Provence-Alpes-Côte d’Azur : La crise du coronavirus fragilise la stabilité des effectifs
Pour la première fois, le baromètre analyse le taux d’emploi des apprentis. Si dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur il se situe en deçà de la moyenne nationale du fait du contexte économique local, les taux d’insertion sont toujours favorables aux jeunes formés par apprentissage. Un avantage incontestable en cette période de crise.

Crise sanitaire : les apprentis touchés par les mêmes dispositions que les salariés
L’apprentissage est essentiel pour la transmission de savoir-faire : c’est par cette voie qu’une majorité de jeunes (52 %) est formée aux métiers de l’artisanat. La crise sanitaire est venue fragiliser les entreprises artisanales et, par conséquent, cette filière de formation en alternance. Ainsi, durant les mois de mars à juin, la fermeture administrative de certaines activités a contraint près de 25 000 apprentis à cesser leur travail en entreprise.
 
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, ces dispositions ont concerné 2 250 apprentis. Les activités de services à la personne ont été les plus durement impactées : coiffure (1 670), soins de beauté (360) et commerce de fleurs (190).
 
Marielle Vo-Van Liger, Directrice Marketing et Communication MAAF : « Ces dernières années, les politiques publiques et les campagnes de promotion de l’apprentissage ont permis de créer une véritable dynamique et de rendre attractive une formation qui était délaissée. Le contexte de crise qui touche de plein fouet le secteur de l’artisanat, premier pourvoyeur d’apprentis en France, nécessite que tous les efforts soient portés vers ces entreprises pour soutenir l’emploi des générations arrivant sur le marché du travail. Retrouver les baisses successives que nous avons connues au début des années 2010 (-13 % en 2012-2013) serait dramatique et il faudrait plusieurs années pour s’en relever. » 
 
Avant la crise, une situation pourtant stable en Provence-Alpes-Côte d’Azur   
En 2018-2019, sur les 150 000 jeunes inscrits en apprentissage en France, près de 12 000 se sont formés en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Un chiffre stable par rapport à l’année précédente.
 
C’est le département des Bouches-du-Rhône qui concentre le plus grand nombre d’apprentis (4 330) suivi par le Var (2 800), les Alpes-Maritimes (2 340), le Vaucluse (1 650), les Alpes-de-Haute-Provence (490) et les Hautes-Alpes (360)  
 
La variété des diplômes préparés par les 12 000 apprentis de Provence-Alpes-Côte d’Azur est large :  65 % sont inscrits à des diplômes de niveau CAP (7 810 apprentis), 27 % (3 220) à des diplômes de niveau BAC/BP et 8 % (950) à des diplômes de l’enseignement supérieur.
(Chiffres départementaux disponibles sur demande)
   
 
Dans la région, deux secteurs connaissent une augmentation de leurs effectifs en apprentis par rapport à l’année précédente : la fabrication (+17 %, 950 apprentis) et le BTP (+2 %, 5 120). Les effectifs sont stables dans le secteur des services (3 780 apprentis) mais diminuent dans celui de l’alimentation (-8 %, 2 120).   
 
Un taux d’emploi supérieur à celui des jeunes diplômés issus de la voie scolaire  
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le taux d’emploi, qui correspond à la chance pour un apprenti d’accéder à un emploi dans les 7 mois suivant l’obtention de son diplôme, est de 59 %. Il se situe en deçà du taux d’emploi national établi à 68 %. Une différence qui s’explique par le contexte économique local : la région Provence-Alpes-Côte d’Azur possède l’un des taux de chômage les plus élevés de France.
 
En pleine crise sanitaire et économique, les apprentis en sortie de formation peuvent compter sur un taux d’emploi bien supérieur aux élèves formés par voie scolaire. Si la disparité tend à se réduire avec l’augmentation du niveau d’étude, au final, un apprenti de l’artisanat ayant son Brevet Professionnel en poche a un taux d’emploi à 7 mois (83 %) bien supérieur à un élève sortant de BTS (68 %).
À titre de comparaison et à niveau de formation identique, le taux d’emploi est de 84 % pour un apprenti ayant obtenu un diplôme de niveau BAC contre 48 % pour l’élève formé par voie scolaire.  Autre point positif : 60 % des apprentis sont embauchés en emploi à durée indéterminée (CDI) 7 mois après la fin de leur formation en apprentissage.
Catherine Elie, Directrice des études et du développement économique de l’ISM : « Les taux d’insertion dans la vie active sont toujours favorables aux jeunes formés par apprentissage (au moment de l’embauche, prime est toujours donnée par l’entreprise à l’expérience). Mais ils dépendent sans surprise du contexte économique local : ils sont ainsi généralement moins bons dans les territoires fragilisés, avec un taux de chômage important ou en désindustrialisation. Dans certains territoires frontaliers (Franche-Comté, Alsace…), la mobilité interrégionale permet également de conforter les chances d’emploi. La conjoncture actuelle va sans doute détériorer les conditions d’accès à l’emploi. On sait que les précédentes crises ont eu un effet plus destructeur pour les non-diplômés. L’obtention du diplôme par les apprentis protège pour l’entrée dans la vie active, encore plus si l’on pousse son apprentissage jusqu’au BP ou au BTS. »
 
L’apprentissage, une orientation choisie et une possibilité de reconversion
La grande majorité (54%) des effectifs d’apprentis entrant en CAP provient du collège.  13 % sont déjà diplômés de l’enseignement professionnel (ils sont déjà détenteurs d’un CAP, d’un Bac Pro) ou de l’enseignement général et complètent leur formation. Les 33 autres pourcents sont des apprentis en reconversion qui s’inscrivent dans le cadre d’un parcours dit de 2e chance, après avoir décroché du lycée, de l’université ; certains viennent également du monde de l’emploi et reprennent leurs études).  Parmi les apprentis en reconversion, 56 % sont issus de l’enseignement professionnel et 29 % de l’enseignement général et technologique.
 
Autre point notable : la diversité des parcours d’entrée en apprentissage. Si les jeunes démarrent majoritairement la préparation d’un métier avant 18 ans, l’apprentissage s’ouvre désormais aux plus de 26 ans : 1 600 apprentis ont fait ainsi leur rentrée (+25 % par rapport à l’année dernière).
Pour plus de résultats, recevez l’étude complète sur simple demande par mail:candice.piekacz@coriolink.com?subject=Barometre%20apprentissage%20ISM-MAAF
 
Méthodologie de l’étude
Le baromètre tire sa source principale du système d’information sur la formation des apprentis (SIFA), piloté par la DEPP en 2006. SIFA offre une photographie de la situation des apprentis au 31 décembre de chaque année, sous l’angle de la « formation ». Les données collectées permettent de caractériser le profil des apprentis, des formations suivies et de l’entreprise d’accueil. Le système s’appuie sur une remontée statistique des CFA avec un taux de réponse de près de 100 %. L’analyse porte sur les apprentis, en formation au cours de l’année scolaire 2016-17, et employés dans des entreprises artisanales de moins de 20 salariés.
 
A propos de MAAF
Marque du groupe Covéa, MAAF est l’un des premiers assureurs généralistes en France. Il propose à ses 3,8 millions de sociétaires et clients des solutions globales en assurances (auto, habitation, risques professionnels mais aussi santé, prévoyance, assurance vie...) et des services à forte valeur ajoutée (assistance, crédits...). Aux côtés des artisans depuis sa création, MAAF compte aujourd’hui plus de 790 000 clients professionnels. www.maaf.fr
 
A propos de l’Institut Supérieur des Métiers
Centre national de ressources sur l’artisanat et la petite entreprise, l’ISM conduit une activité d’observation statistique, de veille et d’études sur l’artisanat et la petite entreprise. Il publie régulièrement des Tableaux Economiques des secteurs de proximité. L’ISM assure également une mission de formation des élus socio-professionnels.
Contact presse : Agence CorioLink  Candice Piekacz - Tél. : 06 71 38 53 15 - Email : candice.piekacz@coriolink.com
 



Rédigé par Baromètre de l’artisanat, le Jeudi 1 Octobre 2020 | Lu 228 fois