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La Région dresse un premier bilan du plan Or bleu


Rédigé le Mardi 21 Mai 2024 par Margot Fournié


Avec son enveloppe de 3,5 milliards d'euros, le plan « or bleu », porté par la région Sud, devait permettre de diminuer la consommation d’eau de 111 millions de mètres cube par an, à l’horizon de 2038. Un an après son lancement, il est l'heure du premier bilan.


Un an après les Etats régionaux de l'eau, la Région met en place de nouveaux outils pour inciter les différents acteurs à diminuer leur consommation d'eau. © Région Sud
Un an après les Etats régionaux de l'eau, la Région met en place de nouveaux outils pour inciter les différents acteurs à diminuer leur consommation d'eau. © Région Sud
« Même si nos réserves sont pleines, il faut une gestion de l’eau raisonnée, économe. C’est une ressource en diminution à cause de la modification de son cycle », a avancé Bénédicte Martin, vice-présidente du conseil régional et nouvelle présidente de la Société du Canal de Provence, vendredi dernier, un an après l'adoption du plan Or bleu de la Région Sud. La préservation de l'eau passera, selon elle, par des modernisations des réseaux d’irrigation. Dans cette optique, l’association syndicale autorisée (ASA) de la plaine d’Avignon, qui gère les canaux de Puy, canal de Crillon et l’Hôpital, va bénéficier de financements. La vice-présidente du Conseil régional a rappelé, que « de 2014 à 2022, 127 dossiers de modernisation des réseaux d’irrigations agricole ont déjà été soutenus. »

Ces financements ont déjà permis aux agriculteurs de se doter d’innovations. « Nous possédons des capteurs qui nous permettent de mesurer la quantité exacte d’eau dont un arbre a besoin. Et également un système de martellière pilotées par téléphone avec des capteurs de téléphone. Quand l’eau arrive en bout de parcelle, l’agriculteur est averti. Il fait en sorte que la martellière se baisse », a déclaré Patrick Lévêque, à la tête de la chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône. « Un nouvel appel est ouvert pour les agriculteurs depuis le 15 mai. Nous devons rechercher un équilibre pour que soit maintenu une eau de qualité, mais aussi une économie viable », a repris Bénédicte Martin.

Des changements de pratiques nécessaires

Un autre volet du plan « or bleu » se concentre sur la communication envers le grand public, la promotion de nouvelles pratiques. « Sur l’ensemble de notre patrimoine, des dispositifs pour permettre l’économie d’eau vont être mis en place. 100 % de nos lycées seront équipés en matériel économe en eau d’ici 2026 », a signalé Bénédicte Martin. Le lycée Jean d’Ormesson, situé à Châteaurenard, en a d’ailleurs profité. Son proviseur, Didier Donati, a expliqué que « les sanitaires sont équipés de robinets et de mousseurs qui permettent d’éviter le gaspillage. Au niveau de la toiture, il y a un système de récupération d’eau. Ça nous sert à arroser la cour et les plantes. » À côté, la région a voté en décembre 2023 une aide aux particuliers, à hauteur de 6 000 euros, pour s’équiper en récupérateur de pluie. L’objectif est d’en financer une quarantaine.

La réutilisation des eaux usées, une des pistes pour économiser l’eau soutenue par la région

« On a un potentiel d’utilisation d’eaux usées de 10 %. Nous nous demandons comment les transformer en ressources », assure la vice-présidente du conseil régional. La réutilisation des eaux usées (Reut) n’est pas une idée nouvelle, mais elle prend de plus en plus d’ampleur dans la région. La métropole Nice-Côte d’Azur va faire construire une nouvelle usine de traitement de déchet, Haliotis 2. Un marché qui a été vendu à 720 millions d’euros l’été dernier à Suez. « La première pierre sera posée cet été et la filière Reut sera mise en service en décembre 2028. L’unité Reut permettra de réduire de 7 % de réduction l’empreinte eau du territoire et de valoriser 11 % de nos eaux usées », a détaillé Arnaud Rostan, directeur technique et innovation à la régie Eau Azur à Nice.

De son côté, le Canal de Provence, qui détient un contrat de concession avec la région Sud pour l’approvisionnement de l’eau jusqu’en 2038, a réalisé une carte comprenant toutes les stations d’épuration du territoire et les parcelles agricoles, les golfs, qui pourraient être irrigués grâce aux eaux usées. « La prochaine étape, c’est de la transmettre aux collectivités. On reste sur une phase d’étude qui devrait aboutir en 2025 », a indiqué Benoît Moreau, directeur du développement de la société du Canal de Provence. « On lancera un appel à projet régional à ce moment-là », a ajouté Bénédicte Martin, en soufflant que la réutilisation est un « usage où il y a de la réglementation. L’ARS est frileuse à ce sujet. Une première modification devait arriver au niveau du code de l’environnement. Il faut que la doctrine de l’État évolue aussi de ce sujet. » En attendant, des startups régionales sont en train de mettre au point des solutions pouvant économiser l’eau.
 

Un générateur d’eau atmosphérique

La jeune pousse, AirDrink, faisait partie de la délégation d’entreprises régionales, qui ont accompagné Renaud Muselier en Israël, l’année dernière. De son voyage, elle a tiré l’idée d’un générateur d’eau atmosphérique et autonome. La quantité d’eau produite dépend de la chaleur et de l’humidité de l’environnement dans lequel le générateur est placé. Elle a une capacité de production de 500 à 600 litres d’eau par jour dans des conditions tropicale. Le Conseil régional considère cette invention comme une solution ponctuelle, qui peut pallier le manque d’eau de certains territoires. « Nous allons en récupérer une en juin et la tester », a assuré Bénédicte Martin en révélant qu’ils sont dans l’attente d’un retour de l’ARS. Cette eau potable ne peut pas être encore considérée comme consommable sans une validation réglementaire.



Margot Fournié

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