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​L’UMF plaide pour la mise à niveau des bassins Est


           

Quel avenir pour les quais phocéens entre la Joliette et l’Estaque ? Conserver une vocation industrielle ou développer les marinas, la croisière et les loisirs ? Si la question revient régulièrement sur le tapis, cette fois-ci l’Union Maritime et Fluviale tire la sonnette d’alarme en expliquant que les bassins ne sont plus adaptés aux navires actuels. Faute de mise à niveau, certains trafics risquent de disparaître.


L'UMF a commandé une étude sur le développement du trafic roulier dans les bassins Est. ©NBC
L'UMF a commandé une étude sur le développement du trafic roulier dans les bassins Est. ©NBC
Dix ans déjà que les professionnels portuaires réclament l’adaptation des bassins Est du port de Marseille aux nouveaux standards de navigation sans succès. Une partie des navires desservant la Corse n’accoste plus quai du Maroc mais à la digue du Large. 
« Les bassins d’Arenc sont obsolètes. Les longueurs de quais et les tirant d’eau sont insuffisants. Depuis quelques semaines, nous exploitons le terminal Pinède mais nous sommes obligés de contourner le port par le Nord avec trente minutes de navigation supplémentaire. Au sud, à la Joliette, le cercle d’évitage est limité à 180 m. Il est important de maintenir les trafics historiques de Marseille, les conteneurs, le roulier, les passagers et les voitures. Nous sommes dans l’incapacité d’accueillir de nouveaux trafics. Afin de trouver une solution pérenne, l’Union maritime et fluviale a commandé une étude de prospective sur les développements dans les bassins Est », explique le président de l’UMF, Alain Mistre.   

​Les armateurs prêts à mettre la main au portefeuille

L’UMF propose un remodelage de la zone sud des bassins Est du GPMM destiné à doter entre deux à quatre postes à quai supplémentaires pour des navires de 200 m. ©NBC
L’UMF propose un remodelage de la zone sud des bassins Est du GPMM destiné à doter entre deux à quatre postes à quai supplémentaires pour des navires de 200 m. ©NBC
Le document, d’une cinquantaine de pages, reprend les grandes lignes posées dans le rapport Cousquer de 2014, consignées dans la charte Ville-Port, et propose une série de travaux pour améliorer l’accessibilité Nord et Sud en proposant deux zones d’évitage à Pinède et Arenc. L’étude fait état de trois scénarios possibles pour l’accueil de navires de grand gabarit avec des travaux qui pourraient être étalés sur la durée. Le coût du chantier variant entre 30 et 60 M€ selon les options. Les armateurs seraient prêts à mettre la main au portefeuille, comme ce fut le cas pour les travaux d’élargissement de la passe nord.  
La suppression du tenon d’Arenc et celui de Sainte-Marie, permettra aux navires de ressortir par la passe sud. Le projet comprend également la suppression d'une partie ou de la totalité du môle de l'Abattoir du pont d'Arenc et la relocalisation de certains terminaux. 
Autre sujet d’inquiétude pour les professionnels, la création de terminaux ferroviaires dans les bassins Est qui tarde à venir. « Sur une agglomération comme Marseille, il faut un port et des voies d’accès ferroviaires », insiste Jean-Philippe Salducci, président du pilotage et ancien président de l’UMF réagissant à la fermeture de la gare du Canet en 2023. 
 

​2027 pour le terminal combiné et 2031 pour les autoroutes ferroviaires

« Actuellement quatre trains par jour partent de la gare du Canet. La Dreal explique que nous pourrons seulement composer deux trains par jour jusqu’en 2027 or il faudrait sept trains de 700 m de long ! Les deux autres trains seront envoyés à Clesud et les marchandises vont revenir par camion jusqu’à Marseille. 70% de ce fret est destiné à Marseille.  Avec le projet de création de ligne nouvelle LNPACA, on nous explique que nous ne pourrons pas mettre les remorques sur les trains avant 2031 en raison du passage des TER sur les voies d’Arenc », dénoncent les adhérents de l’UMF. Des retards qui selon les professionnels prive Marseille de tout développement de nouvelles lignes maritimes. Blocages et retards ponctuent également le dossier du raccordement ferroviaire de Mourepiane. Marc Reverchon, président de la Méridionale, rappelle qu’il devait être réalisé en 2014.  « Les voies sont posées, il ne reste plus qu’à installer les caténaires. Or, on nous explique qu’il faudra attendre 2027. Hors de question que le raccordement de Mourepiane se fasse au-delà de 2024 », avertit Marc Reverchon. La fermeture de la gare du Canet vire au billard à trois bandes. Le GPMM gestionnaire des vois ferrées dans le port, SNCF Réseau et les services de l’État devraient se réunir en préfecture en juillet afin de sortir du tunnel.  
Pour l’Union maritime, ce qui est en train de se passer aura pour effet « d’affamer les Marseillais et de mettre en péril des emplois ».  « Si nous ne pouvons évacuer les remorques et les conteneurs sur des trains, le risque étant la suppression des trafics. Nous refusons le transfert à Fos des conteneurs », martèle Jean-Philippe Salducci. 
Hasard du calendrier, au même moment, le chantier de la transformation du hangar J1 en pôle de loisirs vient d’obtenir le permis de construire et sera achevé en 2025.  Après la métamorphose réussie du silo à céréales en salle de spectacle et les hangars quai du Maroc en Centre commercial, certains projets se concrétisent plus rapidement que d’autres à la fois des pour des raisons financières et politiques. Les portuaires seraient-ils en train de regarder passer les trains ? 

De G. à dte : Jean-Philippe Salducci, président de la station de pilotage de Marseille Fos, Alain Mistre, président de l’UMF et  Marc Reverchon président de la Meridionale. ©NBC
De G. à dte : Jean-Philippe Salducci, président de la station de pilotage de Marseille Fos, Alain Mistre, président de l’UMF et Marc Reverchon président de la Meridionale. ©NBC


Rédigé par Nathalie Bureau du Colombier, le Mardi 31 Mai 2022 | Lu 277 fois






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