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​La Méridionale lance une première mondiale pour dépolluer le voyage maritime


           

La Méridionale a inauguré sur le port de Marseille le 5 septembre 2022, un filtre à particules, quatre ans après avoir débuté ses premiers essais. Cette nouvelle solution technique, première mondiale, élimine les émissions polluantes y compris durant la traversée maritime. Cette prise de risque, consistant à mariniser un filtre industriel, a été soutenue par la Région et l’Ademe. Quant à la ville de Marseille, elle revient dans le jeu après la pétition lancée cet été contre les paquebots. Les relations ville-port tanguent mais ne flanchent pas…


Inauguration du filtre à particules le 5 septembre à Marseille.©G. Horcajuelo
Inauguration du filtre à particules le 5 septembre à Marseille.©G. Horcajuelo
Dans les relations houleuses du port de Marseille avec la ville, s’est joué le 5 septembre à bord du cargo-mixte Piana, un nouvel épisode de cette saga, malgré l’absence remarquée du directeur du port et du président du Club de la Croisière. Au cœur des enjeux, la pollution de l’air, sujet de crispation et de tensions de part et d’autre qui a atteint son paroxysme cet été avec la pétition lancée assortie d’une campagne de communication. L’état-major du groupe frigorifique de transport et de logistique Stef et sa filiale maritime, la Méridionale ont réuni à bord du navire, élus locaux et professionnels portuaires, dockers compris, pour inaugurer un filtre à particules et célébrer ainsi une première mondiale. 

​Le coût total du filtre a grimpé de 10 à 16 M€

Après le GNL, le courant de quai, les épurateurs de fumée, les armateurs ont désormais la possibilité d’adopter un nouvel équipement pour réduire les émissions polluantes et se mettre en conformité avec le règlement OMI 2020 et l’abaissement du seuil en soufre à 0,1% à partir de 2025, année du classement de la Méditerranée en zone faible émissions de soufre (SECA). ©G. Horcajuelo
Après le GNL, le courant de quai, les épurateurs de fumée, les armateurs ont désormais la possibilité d’adopter un nouvel équipement pour réduire les émissions polluantes et se mettre en conformité avec le règlement OMI 2020 et l’abaissement du seuil en soufre à 0,1% à partir de 2025, année du classement de la Méditerranée en zone faible émissions de soufre (SECA). ©G. Horcajuelo
Marc Reverchon, président de la compagnie, a salué le soutien de l’Ademe et de la Région Sud à hauteur de 1,1 et 4,4 M€ pour un coût total qui a grimpé de 10 à 16 M€ en quatre ans, en raison notamment de la hausse du prix des matières premières.  Cette solution qu’il qualifie « d’inédite et novatrice », consiste à mariniser un filtre à particules habituellement déployé en milieu industriel. « Les tests effectués en 2019 étant concluants et allant au-delà de nos espérances nous avons équipé en 2021 les quatre moteurs du Piana », a -t-il complété. En effet, le dispositif élimine, 99,9 % des oxydes de soufre, 99,9% des particules fines et ultra fines, les métaux lourds. Les oxydes d’azote passent encore entre les mailles du filet. « Nous allons tester un système de traitement des oxydes d’azote avec un système de type AdBlue qui nous placera en cas de succès au niveau Euro VI », complète le directeur technique Christophe Seguinot. 

 

1,1 M€ par an pour le bicarbonate

L’équipement a été co développé avec les Chantiers de l’Atlantique, le groupe chimique Solvay, fournisseur du carbonate de sodium et Andritz, spécialiste autrichien des technologies des gaz d’échappement. Cette solution a été imaginée dans une logique d’économie circulaire avec du bicarbonate de soude qui, une fois souillé en polluants est retraité à terre. Ainsi à l’investissement initial, la compagnie doit débourser chaque année 1,1 M€ par an correspondant à la consommation et au traitement de 2 100 tonnes. Un pari risqué pour cette compagnie desservant l’île de Beauté en pleine procédure d’appel d’offres portant sur le renouvellement de la délégation de service public maritime sur la Corse.   

Renaud Muselier veut se porter candidat à la présidence du GPMM

Cette cérémonie fut l’occasion pour le maire et le président de Région de préciser de leurs positions respectives quant au rôle de poumon économique du port et des externalités négatives qu’il génère vis-à-vis des riverains.  Le maire a affirmé son soutien aux compagnies vertueuses mais entend chasser les paquebots pollueurs qui fendent les eaux de la Cité phocéenne au détriment de la santé publique.  « Nous irons jusqu’au bout, et notre mobilisation permettra de faire interdire d’escale les bateaux de croisière les plus polluants lors des pics de pollution, comme on interdit aux Marseillais les plus pauvres d’utiliser leur vieille voiture pour aller travailler », a lancé le maire Benoît Payan qui a abondé à hauteur de 10 M€ au plan régional escale zéro fumées d’un montant global de 30 M€. « Nous sommes au cœur des enjeux de notre temps : économie ou écologie, la croissance ou la santé, la force du territoire ou l’apaisement pour ceux qui vivent. Mais ce qu’ils veulent nous faire choisir se trompent ! Ceux qui divisent, qui opposent en permanence ces deux visions font fausse route », a lancé Renaud Muselier.

Le président de la Région, qui siège au titre de la collectivité au Conseil de surveillance du port de Marseille a une nouvelle fois déploré l’absence de président depuis la disparition tragique de Jean-Marc Forneri. Dans son discours, il invite l’Etat à désigner rapidement un président faute de quoi il a annoncé vouloir se porter candidat à la présidence du grand port maritime de Marseille.    

  
 

 
 


Rédigé par Nathalie Bureau du Colombier, le Mardi 6 Septembre 2022 | Lu 218 fois






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