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​Les restaurateurs ne sont pas surpris de cette décision mais révoltés


           

Le tribunal administratif de Marseille a maintenu, dans sa décision du 30 septembre 2020, la fermeture des bars et restaurants à Marseille pour une semaine. Cette décision de justice ne surprend guère les restaurateurs mais elle crée un sentiment profond d’injustice, d’écœurement. La révolte gronde chez les restaurateurs. Réactions.


Les restaurateurs sont ensemble dans l'action depuis une semaine. ©NBC
Les restaurateurs sont ensemble dans l'action depuis une semaine. ©NBC
« Je me doutais de cette décision. C’était perdu d’avance. Le tribunal ne pouvait pas contredire le gouvernement ! », a réagi aussitôt Joseph Comtecheyan. Le patron du restaurant Le Collins sur le Vieux-Port avait bravé l’interdiction en début de semaine. Ne voulant pas risquer la fermeture administrative d’un mois de son établissement pour non-respect de l’arrêté il préfère rentrer dans le rang. « Nous sommes comme des moutons, nous devons obéir au doigt et à l’œil », clame le restaurateur. Après un début de saison chaotique, il retrouve une belle clientèle en juillet et août. « Depuis septembre, c’est le calme plat or habituellement grâce aux croisiéristes nous avons entre 100 et 120 couverts », ajoute-t-il. 
Pour Thierry Albert, gérant de La Villa dans le 8ème à Marseille, "Cette décision constitue une atteinte à notre liberté". 
 

​Des actions communes avec les restaurateurs parisiens

Le Fuxia ©NBC
Le Fuxia ©NBC
Au Cours Julien, Krys Mosbah, le patron du Red Lion vit mal lui aussi cette privation de la liberté de travailler :  « Nous subissons le diktat gouvernemental. C’est toute une profession qui est touchée et qui génère des dégâts collatéraux ». Pas de surprise non plus au restaurant Chez Colette qui s’attendait à être débouté. « Durant des mois nous nous sommes tus, nous avons investi dans des masques, des charlottes, du gel. Désormais, nous allons faire du bruit sinon nous allons mourir », lance Sylvie Crespin, gérante. Elle se dit choquée de voir ses clients manger sur les bancs publics de la Place Estrangin quand sa terrasse de sept mètres de long est désespérément vide. 

​Retour au Marseille des années 90

La Place Thiars déserte. ©NBC
La Place Thiars déserte. ©NBC
Choquée également d’être surveillée depuis le 26 septembre par cinq fourgons de la police Nationale comme si elle était une criminelle. Chaque jour, les mots sont plus forts, et plus violents. « Cette décision m’inspire de la haine. C’est une atteinte aux libertés. Tous les jours, le gens achètent Mac Do et squattent nos terrasses fermées. Pourquoi les restaurants de Plan de Campagne, de Cassis et d’Allauch sont ouverts ? Les habitants de ces communes se font soigner à Marseille ! », dénonce Laurent Ceccarini, patron de La Côte de Bœuf et du Fuxia en centre-ville. Les deux mois et demi de confinement lui ont fait perdre un million d’euros de chiffre d’affaires, or tous les mois il continue de payer 20 000 € de charges fixes.   

Le restaurateur se désole du manque de considération du gouvernement vis à vis de la profession qui « préfère sauver Airbus ». « Nous allons engager des actions communes avec les restaurateurs parisiens. Nous sommes révoltés car depuis septembre c’est toute une ville qui se paupérise. Les agriculteurs, les vignerons sont touchés », dénonce-t-il tout en redoutant de revoir le Marseille des années 90.   


Rédigé par Nathalie Bureau du Colombier, le Mercredi 30 Septembre 2020 | Lu 151 fois






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