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Comment Airbus Helicopters va optimiser ses compétences stratégiques


Rédigé le Lundi 9 Février 2026 par Jean-Christophe Barla


Avec « NextGen Factory », l’hélicoptériste va se doter de nouvelles conditions de production et d’assemblage de ses rotors et transmissions pour rester leader mondial.


La 1ère pierre de "NextGen factory" a été symboliquement posée par Airbus Helicopters et ses partenaires du pacte "Sud Avenir Hélico" le 6 février. (Photo JC Barla)
La 1ère pierre de "NextGen factory" a été symboliquement posée par Airbus Helicopters et ses partenaires du pacte "Sud Avenir Hélico" le 6 février. (Photo JC Barla)
Au-delà de la promesse énoncée voici plusieurs mois et répétée aux ministres qui se succèdent sur le site de Marignane, la restructuration profonde des installations industrielles d’Airbus Helicopters prend forme et s’accélère. Le PDG de l’entreprise, Bruno Even, et le vice-président exécutif en charge des opérations, Laurent Mazoué, l’ont démontré le 6 février aux ministres des Transports et de l’Industrie, Philippe Tabarot et Sébastien Martin, en leur présentant les ambitions du futur bâtiment de 31 000 m2 NextGen Factory dédié aux rotors et transmissions des appareils.

Avec cet investissement, les deux dirigeants de l'hélicoptériste européen entendent bien engendrer « un ruissellement bénéfique » sur les fournisseurs d’une filière, Sud Avenir Hélico, qui compte aujourd’hui 250 entreprises et près de 20 000 salariés. Une première tranche de 250 M€ vient d'être débloquée (sur 600 M€ au global demain), dont 25 M€ apportés par l’État dans le cadre de « France 2030 », auxquels vont s’ajouter 9,5 M€ en faveur de la formation pour la création de « l’Académie de l’Hélicoptère ».

S'adapter pour performer

« Nous avons bâti une position de leader sur quatre piliers, explique Bruno Even. Il cite « le savoir-faire et l’engagement exceptionnel de nos équipes (12 500 personnes), l’innovation, la coopération européenne et la transformation. Le courage et la résilience animent notre maison et la volonté de se réinventer a été le cœur battant de nos succès récents dans une concurrence internationale agressive. Le contexte mondial nous oblige à adapter notre offre pour faire face aux défis de demain tant sur les champs de bataille que sur la chaîne logistique ». Les rotors et transmissions sont des « éléments vitaux » des technologies qui permettent à un hélicoptère de voler. Pour rester performant et compétitif, Airbus Helicopters doit revoir leur mode de production, de leur conception à leur intégration jusqu’à leur mise en service et leur maintenance.

Robotisation et numérisation

Pour Laurent Mazoué, NextGen Factory doit couvrir, à compter de 2029, les attentes du groupe et de ses personnels pour satisfaire clients civils et militaires. « Ce bâtiment sera le mariage de l’excellence mécanique et de la puissance du numérique, résume-t-il. C’est par notre excellence opérationnelle que nous ancrerons notre position de leader international dans le long terme ». L’édifice abritera des processus reposant sur des machines de nouvelle génération et des robots. La digitalisation de la production offrira, par la collecte de données tout au long de la chaîne, la traçabilité qu’exigent, pour garantir leur sécurité, ces pièces primordiales.

Les conditions de travail y seront particulièrement améliorées. « L’innovation n’a de sens que si elle sert l’humain. Les compétences et les métiers de nos collaborateurs vont évoluer. Nous allons par exemple développer des cellules autonomes de production dans lesquelles ils devront faire fonctionner en coopération des machines d’usinage, des robots, des équipements de mesure et de contrôle, le tout dans une logistique automatisée. NextGen Factory pose les bases de notre souveraineté industrielle de demain ».

Emplois en perspective

Philippe Tabarot et Sébastien Martin ont respectivement salué cet engagement à moderniser le site mais aussi, à travers le pacte Sud Avenir Hélico et son « modèle partagé », à peser sur l’ensemble du territoire en générant dans les prochaines années 5 700 recrutements, 2 500 créations nettes d’emplois et plus de 5 000 jeunes formés. C'est comme cela qu'Airbus Helicopters entend nourrir et renouveler les savoir-faire des entreprises aéronautiques. « C’est un signal fort adressé à la jeunesse et à toute la filière », se réjouit le ministre des Transports, non sans rappeler, dans la foulée de Pascal Kuhn, directeur des sites Airbus Helicopters de Marignane et Vitrolles, que la performance industrielle se conquiert aussi avec des infrastructures de desserte à la hauteur des besoins.
 



Jean-Christophe Barla




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