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L’UIMM Alpes-Méditerranée veut « décomplexer l’industrie »


Rédigé le Jeudi 6 Juin 2024 par Jean-Christophe Barla


Désormais présidée par Pascal Kuhn, l’UIMM Alpes-Méditerranée a tenu son assemblée générale le 5 juin à Marignane. Avec un discours volontairement positif sur la place que veut et doit tenir l’industrie en Provence.


Pour Pascal Kuhn, président de l'UIMM Alpes-Méditerranée, les projets qui s'annoncent aident à voir l'avenir avec espoir (photo JC Barla)
Pour Pascal Kuhn, président de l'UIMM Alpes-Méditerranée, les projets qui s'annoncent aident à voir l'avenir avec espoir (photo JC Barla)
Le lieu de l’assemblée générale de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM) Alpes-Méditerranée a été bien choisi pour délivrer une image forte d’une industrie qui relève la tête et n’a plus peur d’afficher sa vitalité : le nouveau site de Sabena, dans un hangar longtemps resté en friche, remarquablement réhabilité, tout près des installations de l’Aéroport Marseille-Provence, et aujourd’hui rempli d’équipements industriels qui tournent. Et ce 5 juin à Marignane, malgré tous les défis et incertitudes géopolitiques, économiques, réglementaires, environnementales, sociales, fiscales qui se posent au secteur, les différents intervenants se sont évertués à démontrer, comme l’affirme un nouveau logo, que la Provence se veut désormais une « fabrique des possibles » pour les industriels. Avec 10 à 15 milliards d’euros de projets d’investissements qui émergent ou s’annoncent dans les prochaines années, sous forme d’implantations nouvelles ou de mutations des usines existantes.

Après avoir rendu hommage au travail du président sortant, Thierry Chaumont, resté neuf ans à la tête d’une organisation professionnelle qui rassemble 550 entreprises et 45 000 salariés, le nouveau président pour trois ans, Pascal Kuhn, a souligné sa « confiance en l’avenir  ». « Il y a des vents porteurs. Il va falloir s’adapter pour les rendre encore plus porteurs », déterminé à rajeunir l’image de l’industrie pour la rendre plus attractive aux générations qui viennent. « Il y a de fortes chances que la réalité soit très différente demain des prévisions actuelles. Mais nous devons œuvrer ensemble à rendre ce futur possible ».

Progresser encore

Son « plan de vol » tient en cinq points : une industrie décarbonée, digitalisée, durable, désirable et décomplexée. Il comprend également le développement de la filière hélicoptères sous la bannière « Sud Avenir Hélico ». La signature prochaine d’un « pacte territorial » avec les institutions pour affirmer « l’union sacrée » à travailler ensemble, privé comme public, à une meilleure compétitivité de la filière, au renforcement aussi des PME, à leur transformation quand, à ses yeux, l’industrie du futur semble devenue, par l’accélération des technologies, un concept obsolète. « L’industrie 4.0, c’est déjà du passé. Maintenant, on parle de X.0, à savoir d’une continuité digitale et data partagée avec les fournisseurs et les clients » confie Pascal Kuhn, conscient que la France, comme l’Europe, doit encore progresser face à la concurrence internationale, du côté de l’Amérique comme de la Chine.

Penser positif

Eric Trappier, président de l'UIMM, a listé les sujets qui fâchent avec la France et l'Europe (photo JC Barla)
Eric Trappier, président de l'UIMM, a listé les sujets qui fâchent avec la France et l'Europe (photo JC Barla)
En ouverture de l’événement, Eric Trappier, président national de l’UIMM, n’avait d’ailleurs pas manqué de lister l’ensemble des défis que les entreprises doivent affronter : innovation, pression fiscale, accumulation des normes, décarbonation des procédés, transition énergétique, formation, apprentissage… Il plaide lui aussi pour que l’Etat comme l’Europe s’emploient à libérer l’envie d’entreprendre plutôt que de toujours plus la contraindre. « Il faut oser dire où sont les difficultés et où sont les solutions pour porter la réussite du pays » dit-il, saluant la force du maillage territorial de l’UIMM pour sensibiliser les institutions aux différents sujets et parvenir « à simplifier, à remettre de la raison dans ceux qui font les lois, à trouver les bons compromis ».

Président du conseil régional, Renaud Muselier, s’est voulu rassurant face aux chefs d’entreprises présents : la feuille de route régionale pour l’économie et l’industrie intègre nombre de demandes. « Nous nous appuyons sur vos besoins. Nous sommes des opérateurs qui aident l’écosystème à se protéger » avant d’inviter chacun à « être un peu plus positif ! ». La note finale de cette assemblée générale l’a franchement été avec la présentation par Julien Guitton, responsable du programme de recherche d’Airbus Helicopters, de la feuille de route de décarbonation de l’hélicoptère. Elle se veut exigeante et multiple par ses objectifs et ses technologies à court, moyen et long terme. Mais, à titre d’exemple, il montre combien les progrès sont déjà immenses.

« En 60 ans, les émissions des turbines ont été réduites de 50 %. Et il y a encore 15 à 20 % de gains possibles dans les 20 ans » promet-il. De quoi entretenir l’idée que l’industrie reste au cœur des espoirs pour répondre aux défis de la société.




Jean-Christophe Barla

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