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L’UMF appelle le port à investir dans les bassins Est


           

Axés sur les lignes intra Méditerranée, les bassins Est du port de Marseille ne seraient plus en capacité d’accueillir via la passe sud les navires rouliers nouvelle génération. Réunis au sein de l’Union Maritime et Fluviale de Marseille-Fos (UMF), les syndicats professionnels en appellent à la réalisation d’investissements dans les infrastructures au risque de voir les navires passer sans s’arrêter…


Photo : Si du côté de la passe Nord, le port phocéen s’est mis en capacité d’accueillir les plus grands paquebots de croisière, au Sud, côté passe Sainte-Marie rien ne va plus. ©N.B.C
Photo : Si du côté de la passe Nord, le port phocéen s’est mis en capacité d’accueillir les plus grands paquebots de croisière, au Sud, côté passe Sainte-Marie rien ne va plus. ©N.B.C
Des navires rouliers de plus en plus grands accostent au chausse pied au terminal roulier dans les bassins Est, les plus grands sont même contraints de renoncer à l’escale phocéenne. Le phénomène n’est certes pas nouveau mais s’aggrave au fur et à mesure du renouvellement des flottes comme l’explique le président du Comité marseillais des armateurs français Alain Mistre, directeur d’exploitation de Corsica Linea : « Seul notre bateau le plus ancien mesure 150 mètres. Aujourd’hui, 200 m c’est la longueur minimale d’un ro-pax et les ports deviennent trop petits pour les accueillir. Il faut des bassins plus grands pour les opérations d’évitage (tourner, ndlr) ». 
De son côté, Jean-François Suhas, pilote maritime, déplore voir sur son AIS (*) des rouliers de 240 m circuler au large de Marseille et d’être dans l’incapacité de les accueillir.  « Hormis pour la croisière, il n’y a plus d’investissements structurants dans les bassins Est depuis dix ans. Il faut des aménagements, Pinède est très contraint », souligne le président du Conseil de développement qui estime à près de 100 M€ les travaux de mise en capacité. 
Au moment où le GPMM met la dernière main à l’élaboration de son projet stratégique pour les quatre prochaines années, ces investissements sont absents. « Un port vert au service d’une économie bleue » faisant la part belle à la décarbonation du transport maritime. Si l’avenir des bassins Est a toujours causé des remous dans les milieux politiques et socio-professionnels phocéens, que la Charte Ville-port se devait d’atténuer, l’absence de vision de long terme et d’investissements structurels inquiète la place portuaire en 2021.  

​Entre Route de la Soie et Lyon-Turin

Les Bassins Est de Marseille. ©N.B.C
Les Bassins Est de Marseille. ©N.B.C
Si les armateurs, représentés par les agents, se félicitent du gel cette année des droits de ports, ils ont confié à un cabinet d’experts, la réalisation d’une étude comparative avec d’autres places concurrentes pour connaître précisément le coût du passage portuaire poste par poste (manutention, services aux navires et droits de port). Par ailleurs, les professionnels souhaiteraient une accélération à la fois des projets routiers et ferroviaires (contournement routier d’Arles, réalisation d’une deuxième voie ferrée sur les terminaux de Fos).  Stéphane Slatevat, Pdg de LAM France et président du syndicat des transitaires et vice-président de l’UMF, plaide en faveur de trains directs en particulier avec le port de Duisburg, connecté aux routes de la Soie : « Cela pourrait générer des trafics supplémentaires ». Marseille menacée de regarder passer les navires pourrait bien regarder passer les trains au profit de l’Italie si la question du nœud ferroviaire au sud de Lyon n’est pas traitée. « Si rien n’est fait, le Lyon-Turin va aspirer les trafics de marchandises du sud-est de la France », s’inquiète Marie-Hélène Pasquier, secrétaire générale de l’UMF. A quelques semaines de la présentation de la stratégie nationale portuaire, le président de l’UMF Jean-Claude Sarremejeane, plaide en faveur de l’implication des professionnels dans la gouvernance du port et souhaite un siège au Conseil de surveillance 
« 2020 a été une année horrible mais nous avons été unis pour poursuivre l’activité. En 2021 nous allons continuer à résister en attendant le rebond économique », souligne le président de l’UMF Jean-Claude Sarremejeane et président de la société de manutention d’Arcelor-Mittal Sosersid. 
 
(*) Le système d'identification automatique qui permet de connaître en temps réel l'identité, le statut, la position et la route des navires.


Rédigé par Nathalie Bureau du Colombier, le Vendredi 8 Janvier 2021 | Lu 329 fois






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