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L’acceptabilité de l’industrie en dialogue sur la zone Fos-Berre


           

Notre région ne pourra pas conduire sa réindustrialisation sans mieux en discuter avec les citoyens. Avec le « laboratoire territorial Industrie Fos-Berre », une expérience inédite se met en place en Provence. Le GMIF y est directement associé.


Le plan "France 2030" cible la nécessité de réindustrialiser. En Provence, la démarche s'opèrera dans la concertation. (Photo JC Barla)
Le plan "France 2030" cible la nécessité de réindustrialiser. En Provence, la démarche s'opèrera dans la concertation. (Photo JC Barla)
Avec le « Laboratoire territorial Industrie Fos-Berre », l’espoir de la réindustrialisation peut renaître. Avec de la cohérence dans la démarche de prospection des éventuels investisseurs pour qu’ils ne soient plus exposés aux risques de voir leur projet retardé par des actions en justice, retoqué par les services de l’Etat ou des maires ou carrément rejeté par la population. Et avec une méthodologie de dialogue préalable avec les citoyens, même si le dossier n’implique pas de formalités réglementaires particulières, comme un débat public. « Il nous faut concerter bien en amont pour une acceptation de l’industrie de demain, avant l’enquête publique ou le premier coup de pioche, et quelle que soit la taille du projet, dès lors qu’il y a un soupçon dans l’esprit des gens de risque d’atteinte à leur intégrité s’il se concrétise, explique Jean-Michel Diaz, président du Groupement Maritime et Industriel de Fos (GMIF). Si on ne le fait pas, nous n’atteindrons pas les objectifs de neutralité carbone en 2050. Nous voulons promouvoir une démarche reposant sur trois piliers. Pédagogique d’abord en expliquant l’histoire de l’industrie sur ce territoire, ce qu’elle a permis d’accomplir, les progrès réalisés, dire clairement où elle en est aujourd’hui, pour rebâtir une culture industrielle. Ensuite, coconstruire avec nos concitoyens, avec les élus et tous les acteurs publics et privés intéressés, une vision industrielle à l’horizon 2030-2050. Enfin, définir ensemble les conditions de soutenabilité des nouveaux projets susceptibles de s’implanter sur le territoire. Si des zones sont bien identifiées pour les accueillir, nous pourrons mieux aborder la question des utilités, réseaux et services dont ils ont besoin. Et plus on regroupera intelligemment, comme c’est envisagé sur PIICTO, plus nous nous donnerons de chances de décarboner les activités ! ».

Changer les mentalités par une vision partagée

Ce Laboratoire est placé sous l’autorité de la Préfecture de Région. Régis Passerieux, le sous-préfet de l’arrondissement d’Istres, en assumera le pilotage. « Sans ce dialogue et cette volonté de travail commun, il faut être lucide, il sera difficile de réindustrialiser la France » admet ce dernier, conscient de l’enjeu et surtout déterminé à agir. Le dispositif reposera sur la constitution de collèges (collectivités, associations, représentants de l’Etat, de l’industrie, de salariés, de citoyens…), il se déclinera en ateliers, à l’image des pratiques développées par le programme « Réponses » sur la qualité de l’air sur 21 communes du pourtour de l’étang de Berre, chacun pouvant suivre par ailleurs l’avancée des actions sur une plateforme dédiée (www.dispositif-reponses.org). Tous les outils se mettront en place jusqu’au printemps 2023, conformément aux engagements pris le 18 octobre lors du lancement officiel du « Lab » sous l’égide du Secrétaire Général pour l’Investissement, Bruno Bonnell, à Berre-l’Etang, qui s’avoue convaincu que l’expérience menée en Provence peut progressivement contribuer à une évolution des mentalités. A ses yeux, les Français mesurent mieux, depuis la crise COVID, les dégâts provoqués par la désindustrialisation du pays. « Les industries existantes vont continuer d’améliorer leurs performances environnementales, mais il est indispensable de penser la « nouvelle industrie » de demain, propre, respectueuse de la qualité de vie, dont les activités agissent positivement sur notre quotidien et qui amène les jeunes à s’y intéresser pour se former et s’insérer professionnellement. Cette approche de la concertation sur un territoire, les pratiques qui peuvent en découler, le travail collectif peuvent transformer durablement la perception du monde industriel et générer une attractivité nouvelle. Il en va de l’intérêt de la France ».


Rédigé par Jean-Christophe Barla, le Vendredi 28 Octobre 2022 | Lu 202 fois






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