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La Banque des Territoires fait souffler le vent des grandes mutations


           

Associée aux projets des Territoires d’Industrie comme à l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) et aux grands projets d’habitat, de mobilité ou de redynamisation des centres-villes, la Banque des Territoires se veut un rouage essentiel de l’économie. L’année 2021 a été dense en prêts et investissements.


Alexis Rouque, directeur régional de la Banque des Territoires (Photo JC Barla)
Alexis Rouque, directeur régional de la Banque des Territoires (Photo JC Barla)
Directeur régional de la Banque des Territoires depuis novembre 2021, Alexis Rouque a tiré le 3 mai à Marseille, au siège des Docks, le bilan d’une année à laquelle il admet n’avoir eu qu’une courte contribution. Mais les résultats enregistrés l’an dernier lui permettent d’assurer 2022 dans la sérénité et l'activisme, après deux exercices marqués par la nécessité d’accompagner, au nom de l’Etat, la résistance, la résilience et la relance des projets en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Au niveau national, le groupe Caisse des Dépôts dont elle est une entité a généré un résultat net agrégé de 4,57 milliards d’euros contre 780 millions d’euros en 2020. Partenaire naturel des collectivités locales, des organismes de logement social, des entreprises et des professions juridiques, elle a signé sur le périmètre régional pour 1,1 milliard d’euros de prêts et investi en fonds propres 151 millions d’euros dans 21 projets en vue d’accélérer la redynamisation économique et sociale. Ses engagements s’élèvent à 22,5 millions d’euros sur 14 projets (campus connectés, démonstrateurs de ville durable…) pour préparer le futur, à travers le Plan d’Investissement d’Avenir et France 2030. « Lorsque nous accordons 963 millions de prêts aux opérateurs de logement social pour mettre en œuvre des projets en faveur de la construction de 7 692 logements ou de la rénovation de 4 880 logements, ce sont autant de ménages auxquels nous rendons l’accès à une habitation abordable. C’est beaucoup et c’est peu en même temps car la carence de l’offre est réelle : il y a au moins 150 000 demandes non satisfaites. Il reste beaucoup d’efforts à faire pour produire ».

Questions à choix multiples

Les choix d’investissements, notamment en fonds propres, relèvent globalement d'une priorité : « Nous nous positionnons là où il y a carence de l’offre privée, sur des projets qui ne pourraient pas sortir sans notre apport ou dont le modèle n’est pas encore stabilisé. Nous savons que nous prenons un risque, nous croisons beaucoup d’informations avec nos priorités stratégiques, nous dialoguons avec les acteurs locaux, nous mobilisons les synergies potentielles au sein du groupe… Le sourcing peut prendre plein de formes, mais nous ne sommes pas enfermés dans une approche » assure Alexis Rouque. La direction régionale s’est ainsi impliquée dans la reconfiguration (coworking, coliving, restaurant…) des anciennes Galeries Lafayette à Marseille par Babel Community, la création des Halles Gourmandes Raspail de Toulon ou l’extension du Parc Spirou à Monteux, mais aussi dans l’appui à des dossiers étroitement liés à la transition énergétique, à l’image des 5 millions d’euros pour Proviridis pour étendre son réseau de stations de distribution multi-énergies (GNL, hydrogène, électrique), des 20 millions d’euros au projet Biowatt sur l’usine Fibre Excellence de Tarascon (production de vapeur et d’électricité à partir de biomasse) ou encore Tenergie dans le photovoltaïque. Elle a accordé des prêts à la RTM pour acquérir 15 bus au GNV et équiper en conséquence les dépôts de Martigues et La Ciotat. « Nous intervenons aux côtés de la Région, de son agence risingSud, sur la structuration et le développement des filières stratégiques industrielles régionales, à travers les Territoires d’Industrie ainsi que dans l’accompagnement des mutations économiques et sociétales avec l’ESS. Notre objectif est d’être le plus qualitatif possible dans notre impact ». La banque publique est aux côtés du site d’innovation éducative et inclusive L’Epopée à Marseille de l’association Synergie Family, d’Uzage à Avignon qui déploie des centres de lavage pour le réemploi de contenants alimentaires... « Certains projets peuvent mobiliser moins de fonds propres mais s’avérer très structurants » souligne Charles du Dresnay, directeur régional adjoint et directeur de l’appui au développement.

Avancer positivement et efficacement

Cette démarche d’ingénierie sur-mesure et de financement se décline dans le même esprit sur la refonte des centres-villes, avec le programme « Action Cœur de Ville » qui concerne 13 communes de la région dont Arles et Tarascon dans les Bouches-du-Rhône, ou sur « Petites Villes de Demain » (8 communes de moins de 20 000 habitants, bénéficiaires dans les Bouches-du-Rhône sur les 60 retenues en région). En 2022, Alexis Rouque reconnaît que les perturbations actuelles sur la hausse des taux d’intérêt, l’augmentation des coûts de construction et des matières premières qui s’ajoutent à la pénurie de foncier génèrent un contexte d’incertitude dont il est délicat d’estimer les effets, dans l’immobilier en particulier, et plus généralement sur la revitalisation économique. Il n'entend pas pour autant avec ses équipes (60 personnes en région) ralentir le rythme. « Il y a une transformation de la société. Nous sommes dans une logique de déploiement de nos actions, en lien avec les grands axes des différents plans de relance. Pour avancer, il n’y a donc pas d’autre issue que de se frotter le cerveau, de dialoguer et de travailler les projets sur le fond pour réduire les tensions et agir positivement ».


Rédigé par Jean-Christophe Barla, le Mercredi 4 Mai 2022 | Lu 325 fois









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