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La CPME vent debout contre la distribution automatique de dividendes aux salariés


           


Alain Gargani et Jean-Luc Gérard alertent sur les difficultés des Tpe et Pme (photo F.Dubessy)
Alain Gargani et Jean-Luc Gérard alertent sur les difficultés des Tpe et Pme (photo F.Dubessy)
Inflation, explosion du coût de l'énergie, activité en baisse, pénurie de main-d’œuvre, difficultés à rembourser les Prêts garantis par l'Etat (PGE) accordés durant la pandémie... "N'en jetez plus, la cour est pleine", semble dire en substance Alain Gargani, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur. "Et voilà que le gouvernement parle maintenant de revalorisation des salaires et de dividendes salariés !", s'exclame-t-il, stupéfait. "Chaque annonce fait un effet de tsunami dans l'entreprise. Les salariés vont croire que c'est normal", soulève Alain Gargani.

Selon une enquête nationale de la CPME réalisée au second semestre 2022 (une régionale devrait être publiée dans une quinzaine de jours), une Tpe-Pme sur dix envisage un arrêt de son activité en raison de la hausse des tarifs énergétiques. 38% constatent une dégradation de leur trésorerie et 90% ont le sentiment que leurs fournisseurs profitent de la situation actuelle pour augmenter leurs prix sans réelle justification.

"C'est une vraie inquiétude. Cette situation peut mettre en danger toutes les belles Pme de notre territoire. La CPME demande donc un bouclier européen fiscal qui garantisse les prix de l'énergie sur l'avenir pour offrir au Tpe-Pme une visibilité à long terme", indique le président de la CPME Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il s'alarme également des difficultés de recrutement et de fidélisation dans de plus en plus de secteurs : hôtellerie, restauration, évènementiel, bâtiment, santé. "Depuis la Covid-19, nous n'arrivons pas à recruter. Nous ne trouvons plus personne, ni quantitativement, ni qualitativement", appuie Jean-Luc Gérard, propriétaire de deux franchises de magasins informatiques LDLC (matériel informatique) à Aubagne et à Plan-de-Campagne.

Baisse des charges pour augmenter les salaires

L'appel du gouvernement à revaloriser les salaires fait bondir les cadres de la CPME. "C'est le prix de vente qui paie les salaires. Le boulanger ne va pas pouvoir mettre sa baguette à 2€ pour compenser les hausses de salaires. Le client ne sera pas prêt à payer. Et s'il n'y a plus de marge, c'est la fermeture", précise Alain Gargani. De même, il balaie d'un revers de la main la distribution automatique de dividendes aux salariés. "Les petites entreprises peinent déjà tous les jours pour sortir les salaires et faire vivre leur société. Nous sommes d'accord pour distribuer des dividendes aux salariés quand nous réalisons des bénéfices, mais en cas de perte, est-ce que les salariés vont partager les déficits ?", questionne-t-il. Avant d'ajouter, "oui pour distribuer plus facilement, mais équitablement" et de marteler, "la seule solution pour augmenter nos salariés, c'est la baisse des charges et nous le ferons volontiers".

Le président régional de la CPME se dit par contre favorable à la réforme de l'assurance-chômage (modulation de la durée des allocations et des conditions d'accès à l'indemnisation en fonction de la situation de l'emploi), ainsi qu'à la création d'un titre de séjour "métiers en tension". Selon lui, "il existe une urgence vitale à le mettre en place, en l'encadrant bien, pour aider à la survie de pans entiers de notre économie."


Rédigé par Frédéric Dubessy, le Jeudi 10 Novembre 2022 | Lu 114 fois






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