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Les épices de Cepasco parfument les plats du monde entier


           


2500 tonnes d'épices sont triturées chaque année à Gémenos (photo: Cepasco/Robert Poulain)
2500 tonnes d'épices sont triturées chaque année à Gémenos (photo: Cepasco/Robert Poulain)
Sitôt franchit le portail de la société, le nez s'emplit d'effluves de parfum. L'odeur ravit encore plus dès l'entrée dans l'entrepôt, "le coffre-fort de l'entreprise", plaisante Bertrand Cosse, son directeur général. A Gémenos, Cepasco (Centrale des Épices Assaisonnements et Condiments) poursuit son aventure entamée en 1876 en Algérie par Antoine Espig pour importer et commercialiser le safran cultivé en Espagne dans toute l'Afrique du Nord.

Cet entrepreneur espagnol déménagera en 1962 en France d'abord à Marseille, puis s'implantera, en 1992, à Gémenos. Aujourd'hui, Bertrand Cosse revendique "45% de parts de marché des épices dans le circuit des épiceries ethniques (casher, Halal, supermarchés asiatiques...) contre 10% dans la Restauration hors foyer et 4% dans la grande distribution." Il l'explique notamment grâce au produit phare centenaire de l'entreprise, le Spigol (contraction d'Espig et gold), qui a fait sa renommée. Ce mélange d'épices nobles, à base de safran (3%), colore et parfume les plats à base de riz et reste toujours l'ingrédient évident des paellas. "Il appartient à l'histoire de Cepasco comme au patrimoine culinaire familial", souligne Delphine Grégoire, directrice marketing et développement. Très cher et surnommé l'or rouge, le safran contribue à hauteur de 8% au chiffre d'affaires. Il vient principalement d'Iran mais aussi de Provence.

Bertrand Cosse, Directeur général de Cepasco, revendique 45% de parts de marché dans circuit des épiceries éthniques (photo: Cepasco/Robert Poulain)
Bertrand Cosse, Directeur général de Cepasco, revendique 45% de parts de marché dans circuit des épiceries éthniques (photo: Cepasco/Robert Poulain)

150 conteneurs par an réceptionnés au port de Marseille

Fort de soixante-quinze salariés, le groupe Cepasco (Centrale des Epices Assaisonnements et Condiments) appartient principalement à deux fonds : le Suisse Evoco (57% du capital) et le Français BNP Paribas Développement (23%).

Il est constitué de trois entités Cepasco-Spigol (épices, herbes et aromates), Dulfrance (soupes et fonds de sauce déshydratés à Lézennes, près de Lille) et Flavori (spécialiste des épices en Belgique). En 2021, elles ont réalisés respectivement 24,5 M€, 3,5 M€ et 2,2 M€ de chiffres d'affaires. "Nous sommes dans un marché tendanciellement en croissance. Nous avons cependant connu une accélération avec les confinements dus à la Covid car, les Français se sont remis à cuisiner", commente Bertrand Cosse. Alors que ce marché croît d'environ 1 à 2% par an, la période de la pandémie l'a vu s'envoler à presque 10% et Cepasco a surperformé à 20%. "Les consommateurs veulent manger plus sain et remplacent de plus en plus le sel par des épices", explique Delphine Grégoire.

Chaque année, l'entreprise réceptionne quelque 150 conteneurs au port de Marseille. Ils sont remplis de 200 variétés venues du monde entier. Dans l'autre sens, les produits finis de Cepasco partent aussi dans tout le globe. L'exportation représente 11% du chiffre d'affaires du triturateur d'épices.
Son unique site de conditionnement du Parc d'activités de Gémenos traite 2 500 tonnes d'épices par an pour proposer après criblage, tamisage, nettoyage, calibrage, moulure et conditionnement (de 20 grammes à un kilogramme), 1 500 références en sachets (25 millions par an), flacon et pots. Dont 200 mélanges maison." Nous en créons dix à quinze nouveaux par an", précise Delphine Grégoire.

Les épiceries traditionnelles (marques Espig) représentent 39% en volume comme en valeur, les linéaires de la grande distribution 19% (16% sous les marques Spigol, La Planète des Épices, Epicé Tout ! pour le bio et 3% en marque distributeur). Les professionnels de la restauration (marques Antoine Espig et Maison Espig pour le bio) apportent 26% du résultat et les industriels 5%. Les 11% restants sont générés par les exportations.

Des épices pour lutter contre l'anosmie et l'agueusie

La perte de l'odorat (anosmie) et/ou du goût (agueusie) sont deux des symptômes les plus fréquents dans les cas de Covid-19. Comme des milliers de Français, plusieurs salariés de Cepasco, dont deux responsables, n'y ont pas échappé. Au point que l'entreprise de Gémenos a décidé de discuter avec l'APHM (Assistance publique des hôpitaux de Marseille) pour trouver une solution.

Afin de stimuler l'odorat et retrouver le goût, Cepasco a créé, en collaboration avec Emmanuelle Albert, orthophoniste et formatrice, ainsi que le Professeur Justin Michel, chef du service ORL et chirurgie cervico-faciale à l'hôpital de la Conception à Marseille, un kit de rééducation olfactive par les épices (voir photo ci-dessous). Baptisé (Re)sentir et favorisant la récupération de ces deux sens, il sera dévoilé officiellement dans quelques jours.

Le kit est composé de vanille de Madagascar, de fenouil, de curry, de thym de Provence et de clou de girofle. Il comprend des flacons en verre pour conserver ces épices et cinq fiches d'exercices.
 
Le kit (re)sentir a été conçu avec l'APHM (photo: Cepasco/Robert Poulain)
Le kit (re)sentir a été conçu avec l'APHM (photo: Cepasco/Robert Poulain)


Rédigé par Frédéric Dubessy, le Vendredi 25 Mars 2022 | Lu 396 fois






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