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Marc Thepot : "Le tourisme marseillais a besoin d'une réflexion apaisée et à long terme indépendante du calendrier politique"


           

Élu contre toute attente, vendredi 15 janvier 2021, à la présidence de l'Office du Tourisme et des Congrès (OTC) de Marseille, poste historiquement réservé à un politique, Marc Thepot arrive dans une période très difficile pour la profession. Porté à ce poste par l'UMIH (Union des métiers et des industries de l'Hôtellerie), il aura en charge, avec son comité directeur, de définir les axes stratégiques du tourisme à Marseille.

Ancien cadre d'Accor, Marc Thepot a été directeur du Pôle économique du groupe hôtelier pour la région Sud-Est, puis de Sofitel, Novotel et Mercure pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. En 2001, il part développer le groupe Accor au Maroc pendant près de quinze ans. En 2015, il revient à Marseille pour implanter la chaîne hôtelière espagnole NH avec l'ouverture du Nhow Palm Beach.

Marc Thepot veut fédérer, consulter et impliquer tous les acteurs du tourisme à Marseille.


Businews : Pourquoi vous être porté à la candidature de la présidence de l'Office du tourisme et des congrès de Marseille ?

Marc Thepot : J'ai ressenti qu'il était important que la voix des professionnels, vivant le tourisme au quotidien, soit prise en compte dans la conduite de l'OTC et dans la définition de la stratégie touristique de la ville. J'estime que nous sommes bien placés pour connaître les attentes des touristes et les faire venir à Marseille, à travers nos réseaux, nos partenaires et nos équipes. Et, en plus, les statuts de l'OTC le permettait.
La position de l'UMIH a rejoint celle des autres composantes du comité directeur et ce dernier m'a donc porté à la présidence à l'issue du vote (NDLR : par 14 voix pour, 7 contre et 1 abstention). Au-delà du clivage politique, nous voulions garder le cap pour les professionnels.

Vous voulez dire que ce n'est pas (plus) à un politique de présider l'OTC ?

M.T.: L'outil OTC est au service d'une stratégie touristique qui se discute avec les professionnels. Il existe une pérennité de leur action, indépendante du calendrier politique et du sort des élus. Il s'agit juste de cohérence. Nous savons ce qui fait l'attractivité de Marseille. Nous disposons des capteurs nous permettant de comprendre la singularité de la ville. Le tourisme est une industrie nécessitant que l'on sème et que l'on récolte. Les professionnels sont engagés dans un voyage au long cours et évoluent par rapport aux attentes du secteur et à celles des consommateurs. Et, bien sûr, leur action intègrera toujours les recommandations et visions des élus.

 
Cette élection fera donc jurisprudence ? À la fin de votre mandat dans six ans, ce sera un autre professionnel, ou vous-même, qui prendra la présidence et pas un politique ?

 
M.T.: Certains grands OTC sont présidés par des professionnels comme à Nantes, Lille ou Lyon. La priorité - surtout actuellement - doit être de fédérer les acteurs. Qu'ils aient ou non des activités politiques. Il s'agit avant tout d'un problème d'état d'esprit. Depuis un an, notre secteur vit une crise sans précédent. Face à une profession traumatisée, ce n'est pas un discours politique qu'il faut porter, mais un discours professionnel, objectif et apaisé qui intègre la réalité du terrain et son vécu.

Marc Thepot : "Le tourisme marseillais a besoin d'une réflexion apaisée et à long terme indépendante du calendrier politique"
Quelle est justement votre feuille de route ?

 
M.T. : Elle n'est pas encore totalement écrite. Nous sommes en plein plan de relance, malgré un secteur à l'arrêt avec l'espoir que tout puisse redémarrer en mars, ou au plus tard en avril. Il faut donc d'abord bien préparer cette sortie de crise. Les acteurs du tourisme se trouvent aujourd'hui isolés. Il faut valoriser la destination Marseille et montrer la maturité des professionnels, leur maîtrise des procédures et protocoles sanitaires, de la gestion des lieux, du comportement des clients. Malgré les aides qui les maintiennent en vie, les professionnels veulent avant tout travailler.
À ce propos, je trouve ubuesque de fermer les restaurants dans les hôtels alors qu'ils pourraient nourrir correctement ceux qu'ils hébergent dans le respect des protocoles sanitaires qui sont - désormais - parfaitement maîtrisés.
Nous devons prendre la parole et proposer des alternatives raisonnables à la fermeture pure et simple. Et surtout éviter des jugements à l'emporte-pièce qui tétanisent les acteurs et pénalisent notre industrie.

Dans une seconde étape, nous définirons, avec toutes les parties concernées, une stratégie touristique. Ses axes tiendront compte des nouveaux comportements d'achats, de la façon de faire la fête qui va évoluer, de paramètres comme le respect de l'environnement et donc une meilleure gestion des flux. L'OTC peut être le lieu où l'on sensibilise à tout cela. D'autant plus que ce très bel outil renferme beaucoup de talents.
Il faut reconquérir la clientèle française, faire connaître Marseille, son département, sa région. Ceci ne peut s'effectuer qu'en intégrant les politiques à cette démarche. Mais aussi la CCIAMP, l'UPE 13. Nous sommes à leur écoute pour nous aider à impulser des idées.

Ce secteur a besoin d'une réflexion collective, coordonnée et apaisée impliquant acteurs locaux et professionnels. Une réflexion à long terme qui soit indépendante du calendrier politique.


Commente rassurer les professionnels alors qu'aucun agenda de sortie de crise sanitaire n'existe ?

 
M.T. : L'attractivité de Marseille ne va que se renforcer ! Ses atouts ne vont pas s'envoler. Avec les vacances de Pâques, la ville va reprendre des couleurs.
Ce message doit passer et pour les rassurer, nous allons d'abord les rencontrer, car le principal mal reste l'isolement. À chaque nouveau délai, chaque nouvelle aide, les effets d'annonce sont anxiogènes. Il nous faut donc créer un climat positif.
J'admets que c'est un gros travail de redonner de l'espoir à ceux qui ont travaillé pendant des années pour valoriser un projet et dont les efforts partent en fumée à cause des restrictions imposées par la Covid-19.
L'OTC va donc organiser des tables-rondes en février pour leur donner la parole, leur permettre de partager avec leurs confrères, leur redonner le moral. Nous mènerons aussi diverses actions qui seront annoncées en mars prochain.


Rédigé par Propos recueillis par Frédéric Dubessy, le Jeudi 21 Janvier 2021 | Lu 495 fois






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