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A Miramas, l’insertion transite par le « dressing solidaire »


Rédigé le Lundi 11 Mars 2024 par Jean-Christophe Barla


Une opération inédite à destination de femmes aux revenus modestes en quête d’un emploi s’est tenue le 8 mars au village des marques de Miramas. Elle vise à accroître leur employabilité par une tenue et une allure adaptées aux exigences de recruteurs.


Un choix de styles et de tailles adaptés à toutes les femmes (photo JC Barla)
Un choix de styles et de tailles adaptés à toutes les femmes (photo JC Barla)
Sélectionnées et conviées par les services qui les accompagnent vers leur (ré)insertion professionnelle, 150 femmes s’étaient inscrites pour venir le 8 mars découvrir la boutique éphémère aménagée à leur intention près de l’entrée du village des marques McArthurGlen Provence de Miramas. Particularité de l’initiative : elles pouvaient se vêtir de la tête aux pieds à des prix défiant toute concurrence (1 et 2 euros) en choisissant parmi des vêtements donnés par des marques du site et d’autres organismes, bénéficier de conseils de beauté et d’esthétique, et se renseigner sur des opportunités d’emploi dans les sociétés partenaires. Les recettes seront versées à la Croix-Rouge. L’opération était organisée avec les entreprises labellisées « Emplitude » du territoire Istres Ouest Provence. Pour Catherine Martinez, directrice adjointe de Réussir Provence qui porte le Plan Local d’Insertion par l’Economie (PLIE), l’Estafette de l’Emploi et des Solidarités et la démarche « Emplitude », « nous avons déployé des événements personnalisés, comme nos « Cafés Emplitude » chaque mois, pour mettre en relation les demandeurs d’emploi et les entreprises et agir en faveur d’une innovation sociale à taille humaine qui mobilise différemment. Ce « dressing solidaire » permet d’aller plus loin, avec les entreprises, l’Afpa, les centres sociaux, le village des marques, l’ADMR… Se mettre en « posture professionnelle » est primordial dans un premier entretien. La collecte de vêtements était clairement ciblée sur cette perspective pour que chaque femme participante, en quête active d’une insertion ou d’un emploi, se sente plus en confiance lorsqu’elle se présente à un employeur ». Des personnes en emploi précaire étaient également concernées.

Impact de la 1ère impression

Catherine Martinez (Réussir Provence) et Michela Frattini (McArthurGlen Provence) ont travaillé main dans la main pour réaliser le Dressing Solidaire (Photo JC Barla)
Catherine Martinez (Réussir Provence) et Michela Frattini (McArthurGlen Provence) ont travaillé main dans la main pour réaliser le Dressing Solidaire (Photo JC Barla)
Après ce lancement chez McArthurGlen Provence, l’initiative sera déclinée le 14 mars à Port-Saint-Louis-du-Rhône et le 20 mars à l’AFPA d’Istres. Des hommes y seront cette fois associés, car eux aussi doivent prendre conscience de l’impact de la « première impression » d’un recruteur. « Notre intention est d’éviter une discrimination par l’apparence vis-à-vis de personnes qui n’ont pas de budget à consacrer à l’achat d’une nouvelle tenue pour leur 1er entretien, confie Michela Frattini, directrice du village des marques. L’intérêt de l’événement est qu’il aide aussi à intégrer des éléments de communication non-verbale, avec des conseils de spécialistes. Une attitude peut faire la différence pour augmenter la confiance en soi et accroître l’employabilité ». Le site prévoyant des « job dating » pour le printemps, la dirigeante espère aussi démontrer que les opportunités persistent dans la vente, même si le secteur du prêt-à-porter a subi ces trois dernières années de nombreuses défaillances d’enseignes.
« Depuis le COVID, il y a souvent plus d’offres que de candidats » admet-elle.

Démarche sociale et "anti-gaspi"

Emma Richard, en charge de la boutique « Kiwi Saint-Tropez » à Miramas, a fourni, avec l’appui de sa direction régionale, de nombreuses pièces adaptées à la démarche. A ses yeux, « les employeurs expriment aujourd’hui des exigences équivalentes à l’égard des femmes et des hommes parce que leurs clients attendent aussi de leurs interlocuteurs en magasin une apparence bien soignée. Il m’a paru également important de contribuer à ce Dressing Solidaire pour éviter que des vêtements neufs qui ne sont plus vendus en boutique pour des motifs dérisoires puissent être, grâce aux couturières présentes sur place, récupérés et adaptés pour poursuivre leur vie grâce à une action positive ». Fetissi qui songe à s’orienter dans l’aide à la petite enfance était satisfaite de la diversité des produits sur les portiques, en styles comme en tailles. « Je suis surtout heureuse qu’on ait pensé à nous, quand on n’a pas les moyens de faire du shopping ». 



Jean-Christophe Barla

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