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Aix carbure au biogaz



La Régie des eaux du pays d’Aix a inauguré une unité de production de biogaz sur le site de la station d’épuration de la Pioline. Cette unité permettra de couvrir les besoins annuels en énergie de quelque 850 foyers.

           

Bruno Cassette, sous-préfet d'Aix, Violaine Richard, vice-présidente de la région Sud Paca, Stéphane Paoli, président de la REPA, Sophie Joissains, maire d'Aix, Roland Giberti, vice-président de la métropole Aix-Marseille-Provence et François Laurent, DG de la REPA © DR
Bruno Cassette, sous-préfet d'Aix, Violaine Richard, vice-présidente de la région Sud Paca, Stéphane Paoli, président de la REPA, Sophie Joissains, maire d'Aix, Roland Giberti, vice-président de la métropole Aix-Marseille-Provence et François Laurent, DG de la REPA © DR
Aix-en-Provence carbure au biogaz. Après Marseille (Sormiou), Apt, Fréjus, Cagnes-sur-Mer et Avignon, la cité du roi René a son unité de production de biométhane issu des boues des stations d’épuration. Cette nouvelle unité déployée par la Régie des eaux du pays d’Aix  (REPA) a été inaugurée par les élus, Sophie Joissains en tête et le sous-préfet d’Aix Bruno Cassette sur la station de la Pioline qui traite les eaux de quelque 165.000 habitants de huit communes du pays d’Aix. Le projet a représenté un investissement de 2,7 millions d’euros HT subventionné pour plus de moitié par l’agence de l’eau (970.500 euros), la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (400.000 euros) et l’Ademe (83.000 euros dans le cadre du plan France Relance).

Valorisation

Alors que l’enjeu énergétique est mis cruellement en exergue par la guerre en Ukraine, la valorisation des ressources existantes s’impose comme une évidence. « Les 700 000 Nm3 de biogaz produits par an sur la station sont jusqu’à présent valorisés à 60 % comme combustibles pour les chaudières des digesteurs et les 40 % d’excédents sont brulés en torchère. Leur valorisation permettra de produire 100% de gaz vert qui sera injecté dans le réseau de GRDF », explique François Laurent, directeur général de la Régie des eaux du pays d’Aix. 
L’investissement sera rapidement amorti « puisqu’il devrait générer un revenu estimé entre 500 et 700 000 euros annuel de revente du méthane », indique Stéphane Paoli, l’élu aixois qui préside la REPA.

Amortissement rapide

Mieux, la dépense reste modique comparée à l’unité d’une puissance similaire récemment inaugurée par la ville de Nîmes qui a coûté quelque 20 millions d’euros. « Cette économie a été rendue possible par la mutualisation des investissements au niveau des digesteurs qui servent le métier historique de la REPA, le petit cycle de l’eau et ses nouvelles prérogatives », décrypte Stéphane Paoli. 
Le principe du dispositif est relativement simple : « On récupère le gaz produit par la fermentation des boues et des graisses issues du traitement des eaux usées. Ce gaz combustible composé essentiellement de méthane et de dioxyde de carbone est ensuite épuré, débarrassé de son CO2, afin d’obtenir du biométhane que nous injectons dans le réseau de distribution de gaz », précise Cédric Jolivet, chef de projet gaz renouvelables chez GRDF. La connexion avec le réseau gaz existant a nécessité l’installation d’un petit tuyau de 170 mètres de long qui passe sous l’emprise de la concession automobile voisine du site. Le reste de l’équipement comprend la mise en place d’un poste d’injection et l’installation d’un système de chauffage et de filtration. « C’est au niveau du poste d’injection que sont assurés l’odorisation, le contrôle, la régulation et le comptage du gaz vert avant son injection dans le réseau », ajoute Cédric Jolivet.

La consommation de 850 ménages par an

La station d'épuration d'Aix La Pioline équipée d'une unité de production de biométhane © DR
La station d'épuration d'Aix La Pioline équipée d'une unité de production de biométhane © DR
La nouvelle unité produira jusqu’à 80 Nm3/h, soit 7 GWh/an, ce qui correspond à la consommation de 28 bus roulant au biométhane carburant ou à la consommation de 850 ménages des quartiers de La Pioline, Les Milles, Montclar, Saint-Joseph et La Parade.
Et le dispositif écolo devrait rapidement monter en puissance. En 2023, la Régie rénovera les trois digesteurs, les grandes cuves où sont concentrées les boues, afin d’améliorer le rendement du biogaz.
La REPA étudie en parallèle le déploiement d’un procédé de turbine en ligne sur les réseaux d’eau potable visant à récupérer et exploiter l'énergie hydraulique mais aussi la pose de panneaux photovoltaïques sur ses installations.
Des projets de réutilisation des eaux usées (REUSE) traitées sont par ailleurs en cours d’étude, en partie sur le site de la STEP d’Aix La Pioline, en vue d’assurer l’irrigation des espaces verts des stations d’épuration de la Régie. Une solution particulièrement bienvenue dans un contexte récurrent de pénurie et d’économie d’eau.


Rédigé par Jacques Poulain, le Jeudi 10 Novembre 2022 | Lu 185 fois





Jacques Poulain


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