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ArcelorMittal Méditerranée cisèle les compétences


           

Près d’un tiers de l’effectif a bénéficié de formations en prévention-sécurité et maintenance grâce au dispositif FNE-Formation de l’Etat. L’initiative est riche de leçons pour l’usine de Fos-sur-Mer.


Romain Mallet, ingénieur spécialiste des vibrations, a assuré avec des machines dédiées, les formations en contrôles vibratoires (Photo JC Barla)
Romain Mallet, ingénieur spécialiste des vibrations, a assuré avec des machines dédiées, les formations en contrôles vibratoires (Photo JC Barla)
La COVID a sérieusement secoué ArcelorMittal Méditerranée en 2020, en raison d’un effondrement de 50% de son activité de production d’acier. Mais l’entreprise en a profité pour accélérer la formation dans deux domaines, la prévention-sécurité et la maintenance, en s’appuyant sur le dispositif Fonds National pour l’Emploi – Formation, redynamisé par l’Etat pour encourager à l’adaptation des compétences des collaborateurs dans les sociétés en activité partielle. Le DRH d’ArcelorMittal Méditerranée, Frédéric Balbi, s’est réjoui de l’impact de l’opération lors d’une présentation effectuée le 15 décembre à Fos-sur-Mer. « La convention signée avec l’Etat en juin 2020 et achevée en septembre 2021 a permis de dispenser 23 000 heures de formation à 799 salariés sur les 2 500 du site, avec un taux de satisfaction des stagiaires de plus de 90%, indique-t-il. Grâce à la formation de 50 formateurs, en partenariat avec le Pôle Formation Industrie UIMM Sud d’Istres, nous avons pu réinternaliser des formations auparavant confiées à des opérateurs extérieurs. La moyenne d’âge de nos équipes se situant autour de 40 ans, l’enjeu de la transmission des savoirs est majeur, d’autant plus que la reprise, plus rapide que prévu, nous a amenés à relancer les embauches. Près de 200 CDI et plus de 80 alternants ont été recrutés en 2021 et 170 recrutements sont envisagés en 2022 ». La convention nouée avec la Préfecture de Région, relayée par la Direction Départementale du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité (DDTES), a permis de financer 100% des coûts pédagogiques. Au total, 1,2 million d’euros a été engagé dans le dispositif et 57 modules de formation, très concrets, ont été proposés. « Cette formation en situation de travail pour élever le niveau de qualification des salariés est cruciale, souligne Dominique Guyot, adjointe à la direction de la DDTES. Quand les usines tournent à plein régime, il est toujours compliqué de mettre en œuvre des plans de formation. La crise sanitaire, avec un recours massif à l’activité partielle, a permis de réactiver ces conventions et ArcelorMittal a su s’en saisir. Aujourd’hui, la prise en charge par l’Etat est moins favorable pour les grandes entreprises ».

S'ajuster au plus près du besoin

Pour Benjamin Romanet, chef du projet « Développement des Compétences de Maintenance » au moment du lancement de la démarche et désormais responsable des investissements et de l’ingénierie, le plan a pu se matérialiser rapidement car la réflexion était engagée avant la crise. « Dès 2017, nous avions commencé à travailler sur les besoins de formation, la moyenne d’âge du personnel de maintenance étant passée de 52 ans à 36 ans. La volonté de l’entreprise de réinternaliser la formation en maintenance a permis, avec la convention, d’accélérer le processus en 2020 et de financer des outils pédagogiques… Ce renforcement des expertises bénéficie à l’activité globale du site ». Pour Samia Charikh, chargée de projets RH, prendre appui sur des formateurs internes s’est avéré « la formule la plus adéquate » pour aboutir. Le Pôle Formation de l’UIMM Sud a accompagné le processus par une « école de la pédagogie » afin que chacun transmette son savoir de la meilleure des façons. « L’organisation choisie, reposant sur un binôme senior-junior, sécurise la pérennité du système de formation et apporte une vraie richesse à la politique de formation interne » note Jean-Pierre Dos Santos, son directeur. « Le pôle a aidé à sérier les priorités, développer les bons outils et méthodes pour s’ajuster au mieux aux besoins » souligne Julien Avrilleau, responsable de la maintenance des sites ArcelorMittal Méditerranée. A ses yeux, l’attribution d’un diplôme à ces formateurs s’est révélée « une vraie reconnaissance ». « On n’a pas pu répondre à toutes les demandes, mais il y a aujourd’hui une attente réelle pour pousser plus loin ces démarches de formation » assure Lisa Bonvalot, formatrice et ingénieure en instrumentation.


Rédigé par Jean-Christophe Barla, le Mercredi 15 Décembre 2021 | Lu 768 fois





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