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Bernard Tapie, un patron qui a renversé les codes de l’économie



C’est un patron qui a bousculé toutes les habitudes feutrées de l’économie qui s’est éteint dimanche après avoir mené sa dernière et longue bataille contre la maladie. Champion du redressement d’entreprises, Bernard Tapie a décomplexé l’entrepreneuriat tricolore à une époque où les forces vives du pays ne juraient que par le rêve américain.

           

Plutôt que de traverser l’Atlantique, ce fils d’ouvrier à la gouaille facile a regardé dans les yeux les espoirs de son pays, à commencer par ceux de Marseille, sa « ville de cœur » où ses obsèques seront célébrées vendredi. La génération des années 80 se souvient de ce jeune premier en marcel moulant venu transpirer en rythme sur le plateau d’une célèbre émission de fitness. « Challenge, c’est un mot qu’on a oublié en France », criait-il alors entre deux respirations, comme pour insuffler un nouvel ordre économique.
Le tsunami qu’il annonce parvient aux oreilles de François Mitterand. Le président socialiste parle alors de nationaliser des pans entiers de l’économie. Tapie s’érige en trouble-fête, soufflant à la face de la Nation un vent libéral qui va littéralement fissurer les habitudes feutrées du patronat. « Le capitalisme, c’est faire de l’argent », hurlait ce porte-drapeau du self man made devenu pivot économique de la gauche.
Le ton, la forme, l’audace, le « pousse-toi-là-que-je-m’y-mette »… Ses nouveaux codes de l’audace hérités d’une enfance populaire qui a faim de gloire dérangent. Attaqué de toutes parts par des meutes invisibles, il entre en disgrâce du pouvoir. C’est le temps de procès et des règlements de comptes. Il doit à la génération qui l’a porté de ne pas fléchir. Comme dans l’As des As, ce Belmondo de l’économie aux lèvres fortes a eu le dernier mot : il s’éteint innocent du jugement en appel pour corruption et abus de bien sociaux qui clôt définitivement l’affaire de l’arbitrage du Crédit Lyonnais. « Nous perdons le meilleur ambassadeur de Marseille », a témoigné le président de l’Upe13, Philippe Korcia qui l’a bien connu pour avoir travaillé sous sa présidence de l’OM. « Il était dur, mais juste. Je l’ai vu capable d’échanger avec autant de passion et d’écoute avec un supporter qu’avec un chef d’Etat. C’est une force extraordinaire », ajoute-t-il.

 


Rédigé par Orianne Olive, le Lundi 4 Octobre 2021 | Lu 675 fois





Orianne Olive


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