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Crise : Le Samu Social de Marseille tire la sonnette d’alarme


           

Avec ce deuxième confinement aux portes de l’hiver et une précarité croissante, le Samu Social de Marseille, qui assiste au quotidien les personnes les plus vulnérables, fait face à un doublement de la demande en panier repas. Ce service municipal d’aide aux plus démunis qui devrait bénéficier d’un soutien financier et en moyen humain de la nouvelle équipe en place. Le budget annuel étant insuffisant, le Samu Social appelle les entreprises à multiplier leurs dons.


A ce jour, plus de 12 470 repas, 105 000 bouteilles d’eau et 56 000 masques ont été distribués par les équipes du SAMU social. ©NBC
A ce jour, plus de 12 470 repas, 105 000 bouteilles d’eau et 56 000 masques ont été distribués par les équipes du SAMU social. ©NBC
Si lors du premier confinement, le Samu social de Marseille a bénéficié de la générosité des entreprises, quelques mois plus tard, la cheffe du service municipal lance un appel aux dons. « Aujourd’hui, nous avons besoin de gel douche, de dentifrice, de brosses à dent, de déodorants », a expliqué Sylvie Hautcoeur qui prépare actuellement avec ses équipes 2 000 colis de Noël. Lors du premier confinement, une vingtaine d’entreprises s’étaient spontanément mobilisées. Métro, la Savonnerie du Fer à Cheval, les pharmacies et la Fondation Always avaient fait don de produits d’hygiène corporelle. Les fabricants locaux de textiles Kaporal, Les Petites Bombes, Deeluxe et Sugar ont également donné des vêtements aux plus démunis. Dans l’entrepôt du Samu, des piles de couvertures prêtes à être distribuées quand le mercure va chuter. « Chaque année, Bouygues nous donne des duvets », complète Sylvie Hautcoeur. 
Quant aux besoins alimentaires, ils augmentent considérablement avec les mesures de confinement. « Nos maraudess qui circulent de 7 h à 1h15 du matin, ont distribué 1 000 colis lors du premier confinement. Avec la pandémie, les 500 repas quotidiens ne suffisent plus. La demande est de 1 000 repas par jour. Beaucoup de personnes n’ont plus les moyens de se nourrir. Ceux qui vivaient de la mendicité et de la générosité des commerçants et restaurants souffrent de leur fermeture. Nous devons couvrir un territoire de plus en plus vaste », détaille Sylvie Hautcoeur qui collabore avec les milieu associatif (Croix Rouge, Secours Catholique…).  

La crise sanitaire, accélérateur de la précarité

Avec la pandémie, les 500 repas quotidiens ne suffisent plus. La demande est de 1 000 repas par jour. ©NBC
Avec la pandémie, les 500 repas quotidiens ne suffisent plus. La demande est de 1 000 repas par jour. ©NBC
C’est pour répondre aux besoins croissants du Samu Social que Benoît Payan, premier adjoint à la mairie de Marseille, et Audrey Garino, adjointe en charge des Affaires sociales, se sont rendus le 4 novembre sur le site dans le troisième arrondissement. « Nous devons répondre à l’urgence. La crise sanitaire laissera des sillons profonds dans la ville. Nous devons conduire une réflexion sur les situations de plus en plus complexes avec une précarité accrue », a souligné Benoît Payan venu annoncer des renforts humains et davantage de moyens financiers. La municipalité va réaffecter un budget habituellement alloué à l’accueil à l’organisation d’événement culturel et sportif pour venir en aide aux plus précaires.
« Un repas coûte entre 5 et 6 € soit 3 500 € par jour ce qui représente un budget mensuel de 200 000 €. Une somme que nous allons mobiliser le plus rapidement possible », assure Benoît Payan qui annonce le détachement d’une dizaine de fonctionnaires en renfort aux 42 personnes qui assurent les maraudes alimentaires. 
Jusqu’à présent, la deuxième ville de France allouait un budget annuel de 43 000 € au fonctionnement du Samu Social. « Cela nous paraît impensable. Aujourd’hui c’est un service municipal qui fait de la débrouille et ce n’est pas acceptable », a-t-il dénoncé tout en découvrant les stocks de vêtements, d’eau et le camion douche offert par la Fondation Onet. Depuis la crise sanitaire, ce camion qui avait coûté 160 000 € est consigné au garage. « Il n’est pas configuré pour recevoir une désinfection contre le covid et il est trop gourmand en eau au regard des seules huit douches qu’il peut proposer aux sans-abris », explique un agent municipal. Les sans-abris prennent désormais leurs douches au gymnase Ruffi (3ème) et au stade Vallier (5ème) ouverts 5j/7. 
 


Rédigé par Nathalie Bureau du Colombier, le Jeudi 5 Novembre 2020 | Lu 200 fois






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