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Ecoslops se lance un défi international avec sa « Scarabox »


           

Après la mise en service en juillet de son unité sur la plateforme de TotalEnergies à La Mède, le spécialiste du recyclage de résidus pétroliers achève avec ADF à Fos-sur-Mer le premier modèle d’un procédé miniaturisé qu’elle destine à un client au Cameroun.


Fin 2021, Ecoslops livrera à son acquéreur, Valtech Energy au Cameroun, le premier modèle de sa « Scarabox » conçue en partenariat avec ADF à Fos-sur-Mer, actuellement en finalisation d’assemblage. Il ne reste qu’à installer la tour de distillation qui permettra de transformer des résidus pétroliers et des huiles de vidange en « produits pétroliers de haute qualité » et d’apporter « une valeur ajoutée locale » ainsi que l’a expliqué Vincent Favier, PDG d’Ecoslops le 20 octobre. Valtech Energy a investi près de 5 millions d’euros dans cet équipement qui lui sera fourni dans trois conteneurs pour la partie « production » et un quatrième pour les automatismes qui piloteront l’unité mobile. « Les huiles de vidange constituent une source importante de pollution, souvent sans solution de traitement sur place » explique Jérémy Voirin, ingénieur procédés d’Ecoslops, en rappelant que le concept de la Scarabox remonte à 2018 et s’est d’abord concrétisé par un modèle 3D avant d’être construit, testé et finalement industrialisé avec ADF. Montée et mise en service en quelques mois car sa taille ne nécessite pas des procédures d’études et d’autorisations aussi lourdes qu’une installation industrielleelle pourra produire du gazole, du fioul industriel et du bitume léger pour une capacité annuelle de 7 000 tonnes. ADF a apporté sa part au système. « Nous avons contribué à définir et designer l’outil, ayant l’habitude de mettre au point des structures modulaires » souligne Stéphane Langrand, directeur général du groupe ADF. La Scarabox peut générer un chiffre d’affaires annuel de 4 millions d’euros pour Ecoslops qui envisage de la commercialiser à l’international, plusieurs contacts ayant déjà été noués au Maghreb, en Afrique francophone, en Colombie. La solution convient également pour des zones insulaires, comme la Martinique ou la Réunion, afin d’éviter le transport des déchets par bateau jusqu’en métropole pour qu’ils soient traités, option rédhibitoire pour l’empreinte carbone. « Cette innovation peut être rentable rapidement » promet Vincent Favier, en espérant intéresser plus de 300 sites dans le monde.

Modèle reproductible

Développé pour traiter et recycler chaque année 30 000 tonnes de résidus pétroliers, le procédé P2R (Petroleum Residue Recycling), plus volumineux et coûteux, ne peut, lui, raisonnablement en toucher qu’une trentaine, surtout les grands ports de la planète. L’unité exploitée à La Mède, en partenariat avec TotalEnergies (qui détient 25% du capital d’Ecoslops Provence), va bénéficier de sa proximité avec le port de Marseille-Fos. Vingt millions d’euros ont été investis sur l’installation, 65% sur fonds propres et 35% auprès de banques (BNP, HSBC, Banque Populaire Méditerranée) et de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur sous forme de prêt à taux zéro de 600 000 euros. Si elle devrait peser moins d’1 million d’euros sur l’exercice 2021, compte tenu de sa mise en service en juillet, elle devrait générer à pleine capacité un chiffre d’affaires annuel de 10 millions d’euros pour Ecoslops. L’usine de Sinès au Portugal, similaire, a atteint sa rentabilité deux ans après sa mise en service alors qu’elle constituait une première mondiale pour le groupe. « Plus d’une cinquantaine de clients et fournisseurs l’ont visitée », indique Vincent Favier. « Aujourd’hui, nous avons des projets à Anvers, Singapour et en Egypte. Singapour, c’est 20% du soutage mondial et un déchargement de slops équivalent à celui de toute l’Europe. L’unité aurait une capacité trois fois supérieure à celle de la Mède. Nous travaillons sur ce projet avec un partenaire, Mercuria. S’il se fait, c’est un investissement estimé à 100 millions de dollars ». Employant 60 personnes, Ecoslops annonce pour 2021 un chiffre d’affaires de 12,5 millions d’euros.


Rédigé par Jean-Christophe Barla, le Jeudi 21 Octobre 2021 | Lu 263 fois






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