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Forum de l’Industrie : La réindustrialisation réveille l’optimisme


           

Tenu dans une formule 100% digitale le 20 novembre, le Forum de l’Industrie de Demain confirme une réelle attente d’une revalorisation de la place de l’industrie. Le moment est vu comme idéal.


Pour Alexandre Saubot, vice-président de France Industrie, « il y a un enjeu collectif à montrer que l’industrie est la meilleure réponse à la transition énergétique ». (Photo JC Barla)
Pour Alexandre Saubot, vice-président de France Industrie, « il y a un enjeu collectif à montrer que l’industrie est la meilleure réponse à la transition énergétique ». (Photo JC Barla)
« Quand j’entends les échanges, je suis résolument optimiste, mais conscient des difficultés qui nous attendent » a lâché le président de l’UIMM Alpes-Méditerranée, Thierry Chaumont, en conclusion du Forum de l’Industrie de Demain. Ce 20 novembre, l’événement bouclait une semaine de réflexions et travaux sur plus d’une vingtaine d’ateliers, tous en visioconférence en raison du contexte sanitaire. Mais si, sur les éditions précédentes, la plénière, sur un jour, attirait 500 participants, elle en aurait comptabilisé plus de 600 entre le 16 et le 19 novembre et 800 connectés simultanément à la table ronde finale. Organisé par EDF, Industries Méditerranée et l’UIMM Alpes-Méditerranée, ce Forum 2020 se situe à un tournant, aux yeux de Jean-Bernard Lévy, le président d’EDF. « Le COVID est un révélateur de ce qu’est devenue notre industrie qui ne pèse plus que 10 à 11% dans notre pays. Cette fragilité a été voulue par les politiques menées. La relance, il ne la faut pas seulement pour redémarrer l’économie mais pour la réorienter différemment ». Un propos prolongé par Alexandre Saubot, vice-président de France Industrie, qui salue les mesures de l’Etat parce qu’elles ont évité un effondrement économique. « Pour la première fois, l’industrie est donnée comme une priorité. Les entreprises doivent s’en saisir ».

Voir plus loin que la crise

Invitée à s’exprimer, Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée de l’industrie, a insisté évidemment sur les efforts du gouvernement pour pallier à l’urgence (chômage partiel, prêt garanti par l’Etat, baisse des impôts de production…) et aider à repartir au plus vite sans perte de compétences. Mais elle a souligné parallèlement la détermination de l’Etat de s’inscrire dans un temps long avec le plan France Relance, par l’appui aux transitions énergétique et numérique. « Beaucoup d’entreprises qui ont déposé des dossiers sont déjà dans le rebond à 24 mois, voire se projettent à 2030 pour aller chercher et grignoter des parts de marché » indique-t-elle. Elle promet pour début décembre une simplification des procédures d’implantation ou de développement de sites industriels, consciente qu’elle constitue l’un des préalables à la réindustrialisation du pays. Présidente du directoire d’Onet, Emilie de Lombarès a porté la voix des sociétés de services pour marquer l’étroite imbrication d’intérêts avec les industriels. « Nous avons un regard à apporter à nos clients sur l’évolution de leurs process, pour adapter nos équipes et nos ressources, partager les retours d’expériences ».

Renforcer les capacités de l’usine au territoire

La volonté de réindustrialisation est affichée à tous les niveaux, depuis la Région, au plus près des problématiques de chaque territoire, comme l’a martelé Renaud Muselier, président des Régions de France et de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, jusqu’à l’Union Européenne, ainsi que l’a exprimé le commissaire européen en charge du marché intérieur, Thierry Breton. « La crise a confirmé la nécessité de réduire nos dépendances, d’être plus résilient » dit-il. Nombre d’intervenants ont souligné qu’une telle perspective impose de se confronter à la levée d’obstacles fiscaux, sociaux, normatifs, pour rendre sa souveraineté et sa compétitivité à l’Europe. Pour Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille Provence, il s’agit plus de faire émerger « une nouvelle industrie » que de relocaliser des activités parties ailleurs depuis longtemps. Président de Renault, Jean-Dominique Senard assure cependant peaufiner un plan de renforcement des capacités d’innovation et industrielles du groupe en France dans les véhicules électriques ou l’économie circulaire. « Nous remettons la France au cœur de notre stratégie, annonce-t-il. Nous avons gelé des projets d’augmentations de capacités au Maroc, en Turquie ou ailleurs ».
 


Rédigé par Jean-Christophe Barla, le Vendredi 20 Novembre 2020 | Lu 1343 fois






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