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Kem One se régénère pour longtemps à Fos-sur-Mer


           

Sauvé de la disparition en 2013 par Alain de Krassny, le groupe multiplie les investissements de modernisation. Après l’usine de Lavera en 2017, c’est Fos-sur-Mer qui en bénéficie avec un terminal d’éthylène pour fin 2021 et un nouveau procédé d’électrolyse pour fin 2024.


Le terminal d'éthylène représente 80 millions d'euros d'investissement (Photo JC Barla)
Le terminal d'éthylène représente 80 millions d'euros d'investissement (Photo JC Barla)
Plus de 150 opérateurs, techniciens et ingénieurs s’affairent sur le site Kem One de Fos-sur-Mer à l’achèvement d’un chantier d’envergure : la construction d’un bac de stockage cryogénique (- 104°) d’éthylène pour accroître l’autonomie de fonctionnement des installations de production de chlorure de vinyle monomère (CVM) et assurer sur les autres sites du groupe en France et en Espagne la fabrication de PVC dont il est le 2ème producteur européen (900 000 tonnes par an, 800 millions d’euros de chiffre d’affaires, près de 1 400 salariés). L’édifice impressionne de l’extérieur comme de l’intérieur avec une hauteur supérieure à 30 mètres, un diamètre externe de 43 mètres, sa charpente métallique (400 tonnes) ou son volume de 30 000 m3. Kem One l’a fait découvrir le 16 juin avant de clore l’installation pour des décennies ! Le projet intègre d’autres aménagements : appontement, réseaux, salle des machines… Ce réservoir sera rempli d’éthylène liquide acquis auprès de Shell et acheminé du nord de l’Ecosse par des bateaux de 22 000 m3. Il offrira la possibilité à Kem One de s'auto-garantir la poursuite de ses activités, sans risque d’interruption d’approvisionnement, comme il a eu à le subir par le passé lorsque les vapocraqueurs de Berre (LyondellBasell) et de Lavera (Naphtachimie) qui le fournissent ont été confrontés à des arrêts ou des incidents techniques. Ses 17 000 tonnes de capacité assurent une autonomie d’une quinzaine de jours. L’investissement s’élève à 80 millions d’euros. « Il sera terminé fin 2021», affirme le directeur de Kem One à Fos et Vauvert, Alain Consonni. « INous débuterons en 2023 un autre grand chantier pour plus de 100 millions d’euros, la conversion à un procédé à membrane de l’électrolyse de notre usine de production de soude, chlore et hydrogène. Elle sera opérationnelle après notre grand arrêt de fin 2024 ». Kem One a par ailleurs commandé auprès du constructeur néerlandais Teamco deux barges à motorisation hybride (diesel/électrique) pour mise en circulation fin 2022. Chacune, d’une capacité de 2 700 tonnes, coûte plus de 10 millions d’euros. L’entreprise disposera ainsi de sa propre flotte, la première conforme à la nouvelle réglementation sur les émissions polluantes en navigation fluviale, souligne-t-elle, pour transporter le CVM sur le Rhône à destination des usines de PVC rhodaniennes de Kem One dont elles devraient couvrir les besoins de 80 à 100%. La consommation d’énergie de ces deux automoteurs devrait être réduite de 25% et les émissions de CO2 d’un tiers par rapport aux navires de CFT Gaz qui effectuent actuellement les rotations.

Valoriser l’hydrogène

Le toit du réservoir est supporté par une charpente métallique (Photo JC Barla)
Le toit du réservoir est supporté par une charpente métallique (Photo JC Barla)
Ces lourds investissements n’empêchent pas le groupe de se projeter encore vers l’avenir grâce à sa production d’hydrogène décarboné qui en fait le premier producteur français avec 15 000 tonnes par an entre Fos et Lavera. « Il y a des réflexions, des études en cours et des perspectives de valorisation sur la zone industrialo-portuaire, avec d’autres industriels. Des raffineries pourraient être intéressées pour désulfurer les pétroles. Des opportunités existent aussi, à terme, dans la mobilité, explique le directeur technique, Philippe Engel. Cette production d’hydrogène est un vrai point fort pour renforcer le bilan économique du site et participer au développement d’une filière française ». Kem One rappelle également qu’il dispose de capacités foncières pour accueillir des industriels avec lesquels il pourrait nouer des synergies. Un moment intéressé, Hexcel (fibres de carbone) lui avait finalement préféré la plateforme de Roussillon, dans l’Isère, où il a inauguré son unité en 2018. Mais la porte reste ouverte…
 


Rédigé par Jean-Christophe Barla, le Mercredi 16 Juin 2021 | Lu 223 fois






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