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La liaison Fos-Salon trace sa route à petits pas


           

En clôture du débat public, le 20 janvier, le Préfet de Région, Christophe Mirmand, a maintenu le calendrier annoncé sur la liaison routière destinée à désengorger les accès à l’ouest de l’étang de Berre et au port. La mise en service devra attendre 2030. C’est trop pour les acteurs économiques.


Il faudra attendre juin 2021 pour que l’Etat communique sur le devenir du projet. (Photo JC Barla)
Il faudra attendre juin 2021 pour que l’Etat communique sur le devenir du projet. (Photo JC Barla)
Cinq mois de concertation, près d’un millier de participants cumulés aux 19 réunions publiques (sur place ou à distance), des visites de terrain, plus d’une quarantaine de cahiers d’acteurs… Et pourtant la rencontre de clôture du débat public sur la liaison Fos-Salon, organisée le 20 janvier à Fos-sur-Mer, aura laissé l’étrange impression d’une remontée dans le temps, le 11 septembre, à Miramas, première session plénière. Toutes les personnes invitées à s’exprimer ont tenu, à peu de choses près, les mêmes propos, exposé les mêmes revendications, confirmé leur soutien absolu ou leurs réticences… Seul moment-choc de la séance : son ouverture confiée par les représentants de la commission particulière du débat public (CPDP) à des lycéens de seconde du lycée Fontlongue à Miramas qui ont manifesté dans une vidéo leur opposition formelle à un projet qui, dans la majorité des interventions, fait globalement consensus ! Si la démarche semblait judicieuse d’inciter des jeunes à débattre du dossier, le choix d’un établissement agricole a pu étonner. Aurait-on obtenu une position aussi radicale avec des apprentis du Centre de Formation de l’Industrie à Istres ? Quoi qu’il en soit, le Préfet de Région, Christophe Mirmand a redit en conclusion des échanges ce qu’il avait martelé déjà à Miramas : ce territoire est « le principal pôle industriel et logistique de la région », « la congestion du réseau routier pénalise la qualité de vie » et cette liaison sera demain « un élément de mobilité du système multimodal ». S’il faudra patienter jusqu’en 2027 pour le lancement des travaux et 2030 pour sa mise en service, il soutient que l’infrastructure fera faire « un saut qualitatif important » à l’ouest de l’étang de Berre, d’autant plus que d’ici là, de nombreux projets auront pu encore s’y développer, tant dans l’économie (Zone industrialo-portuaire, Clésud, Base aérienne d’Istres…) que dans les transports publics ou les modes doux, sous l’impulsion des collectivités locales.

Besoin de réponses

Les représentants économiques (Grand Port Maritime, CCIAMP, UMF, UPE 13, Conseil de Développement du Port…) ont réclamé néanmoins à l’Etat de faire émerger des solutions plus rapidement pour améliorer les déplacements et réduire les nuisances de tous ordres. « Le statu quo aggravera les problématiques » a ainsi souligné Julidé Sonjoux, au nom de l’Union Maritime et Fluviale qui « pèse » 450 entreprises et 45 000 emplois. Les associations (France Nature Environnement, Conservatoire d’Espaces Naturels, Vélo des Etangs, ADPLGF…), mais aussi l’Agence régionale de Santé ou le SYMCRAU ont évoqué leurs préoccupations environnementales, leur souci de la santé des riverains. Pour les élus de Fos, Miramas, Istres, Grans et Port-Saint-Louis-du-Rhône, l’ouvrage contribuera à réduire les pollutions, le stress, le bruit, tout en améliorant le cadre de vie et l’organisation des transports de marchandises et de passagers. Il faudra attendre plusieurs mois avant que l’Etat ne dévoile les options (autoroute, autoroute intermédiaire, voie express) et tracés qu’il étudiera plus profondément et soumettra à enquête publique en 2024. A la tête de l’UPE 13 Etang de Berre, Thierry Zarka s’avoue convaincu qu’une autoroute répondrait au maximum de problématiques (fluidité, sûreté, desserte des pôles économiques…) ou a minima un axe similaire à celui entre Arles et Saint-Martin-de-Crau, en 2x2 voies, avec des sorties, sans rond-point. Une autoroute pourrait être payante dès lors que l’Etat interdirait les réseaux secondaires aux poids lourds afin de les obliger à l’emprunter. Mais il entend l’argument des populations sur la gratuité. « A l’Etat de prendre ses responsabilités et de trouver avec le gestionnaire potentiel la formule adéquate », dit-il. « Je souhaite simplement qu’on passe à la vitesse supérieure, que le projet se lance, au moins sur les tronçons les plus critiques aujourd’hui. Il y a urgence".


Rédigé par Jean-Christophe Barla, le Jeudi 21 Janvier 2021 | Lu 356 fois










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Businews N°198 - Décembre 2020




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