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« Mon rôle, faciliter les relations et régler les problèmes »

​Benoît Mournet, sous-préfet à la relance dans les Bouches-du-Rhône


           

Deux mois après son arrivée à Marseille et après avoir rencontré les acteurs économiques et politiques du territoire, le sous-préfet à la relance a accordé une interview exclusive à Businews.


​Benoît Mournet, sous-préfet à la relance dans les Bouches-du-Rhône depuis le 24 novembre 2020. ©NBC
​Benoît Mournet, sous-préfet à la relance dans les Bouches-du-Rhône depuis le 24 novembre 2020. ©NBC
Vous avez été nommé sous-préfet à la relance auprès du préfet de Région. En quoi consistent vos fonctions ?  

Ma mission, qui devrait durer entre 18 et 24 mois, consiste à accompagner la mise en œuvre du plan de relance dans les Bouches-du-Rhône et d’en assurer la coordination en Provence-Alpes Côte d’Azur. J’ai pour mission de communiquer sur son contenu tant auprès des entreprises, des organisations professionnelles et syndicales et du secteur associatif. Je suis à l’écoute des projets portés par les collectivités territoriales avec l’ambition de les intégrer au plan de relance. J’ai rencontré les chefs d’entreprises et j’ai été frappé par leur l’état d’esprit très positif, leur envie d’avancer dans la difficulté et de travailler avec l’État. Une partie des 50 mds € de subventions au cours des deux prochaines années, est déconcentrée mais les entreprises ne doivent pas pour autant s’interdire de répondre aux appels à projets nationaux. Nous sommes là pour accompagner les porteurs de projets. Après 21 lauréats régionaux de Territoires d’Industrie en décembre, sept PMI bénéficient d’un soutien de plus de 3M€ de subventions pour un investissement productif de plus de 2M€. Nous attribuons des subventions sans logique de saupoudrage, ce qui peut susciter des frustrations et des incompréhensions chez certains dirigeants mais nous assumons. Si nous estimons qu’une entreprise doit être soutenue jusqu’à 800 000 €, nous la subventionnons.  Mon rôle consiste à faciliter les relations et régler les problèmes sans être un intermédiaire administratif de plus. Que les entreprises n’hésitent pas à me solliciter sur les dispositifs en place ! Nous avons travaillé en ce sens dans le cadre du premier comité départemental France Relance qui s’est tenu le 8 janvier.  

Une commande publique pour soutenir le BTP

Dans ce contexte ou l’État semble résolu à aider les territoires pourquoi ne n’a-t-il pas financé « L’Agenda de la mobilité » édité par la métropole Aix-Marseille ? 

Je tiens à rappeler que l’État par l’intermédiaire de la Dreal, a déjà financé des projets de mobilité depuis 2008. Dès la première semaine de mon arrivée j’ai rencontré Martine Vassal, présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence et son vice-président Gérard Gazay. Nous nous sommes mis d’accord sur une méthode de travail pour avancer sur trois sujets de fond : la mobilité, le bâtiment et le numérique. En ce sens, les dossiers sur l’appel à projet transports urbains en site propre et pôles d’échanges multimodaux doivent être remis avant le 15 février prochain. Quant aux projets de rénovation énergétique des bâtiments publics, la dotation aux investissements a doublé avec 452 projets pour 282 M€. Une commande publique soutenue pour aider immédiatement le secteur du BTP. Le plan revêt trois volets : transition écologique, compétitivité et cohésion sociale et territoriale à travers le soutien à l’emploi et la formation (1jeune1Solution qui permet de bénéficier de 8 652 € d’aide de l’État). Les fonds ont été abondés de plus de 5 M€ dans le cadre de la politique de la ville passés à 21 M€ en 2021 auxquels il faut ajouter aussi l’intervention de l’État à travers l’ANRU (agence nationale de la rénovation urbaine). France Relance repose sur une logique d’appels à manifestation d’intérêts sur les thèmes de transition écologique, l’hydrogène dans un souci de décarbonation de l’industrie.

Que répondez-vous aux entreprises qui redoutent l’effet ciseau du mois de mars avec les premiers remboursements du PGE dans un contexte où l’activité économique est au point mort en particulier chez les restaurateurs, autocaristes, dans l’événementiel ?

Le ministre de l’économie cette semaine qu’il travaillait avec la Fédération française des banques pour décaler les échéances du prêt garanti par l’État. Ces prêts ont mis l’économie sous perfusion, c’était indispensable et je salue les banques qui ont pleinement joué le jeu. A l’occasion de mes rencontres avec le Medef Sud, j’ai échangé avec des commerçants et des artisans qui pensent, à tort, ne pas être concernés par le plan de relance. Nous avons des dispositifs d’aide et la baisse des impôts de production.  

Le contrat d'avenir prévoit d'équiper le port en courant de quai. ©NBC
Le contrat d'avenir prévoit d'équiper le port en courant de quai. ©NBC
Comment s’articulent le plan de relance France Relance et le contrat d’avenir État-région ?  
Il s’agit d’un contrat de Plan nouvelle génération. Renommé Contrat d’avenir 2021-2027, il inclut les crédits dans le cadre de France Relance pour un montant global de 5,1 mds € (2,6 mds€ de l’État et 2,6 mds€ de la Région Provence-Alpes Côte d’Azur) avec pour objectif de dépenser 1,7 mds € d’ici à 2022 sur des projets définis. Quant aux sommes du contrat de plan, elles sont décaissées au fur et à mesure des investissements sur les projets structurants du territoire. Je citerai l’exemple de 30,5 M€ alloués à Marseille-Fos pour l’électrification des quais ferries et croisière.


Rédigé par Nathalie Bureau du Colombier, le Jeudi 14 Janvier 2021 | Lu 336 fois






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