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Pépinières du pays d’Aix : créer l’économie de demain


           

Pour leur 15e anniversaire, le réseau des pépinières du Pays d’Aix a donné la parole à des entrepreneurs passés par ses locaux ou qui s’y trouvent encore. L’établissement de Pertuis s’agrandira en 2022.


Frédéric Pithoud (Editag), Julia Santi (animatrice) et Corinne Versini (Genes'Ink) - Photo JC Barla
Frédéric Pithoud (Editag), Julia Santi (animatrice) et Corinne Versini (Genes'Ink) - Photo JC Barla
Quarante-cinq entreprises hébergées en moyenne par an sur les quatre établissements de Meyreuil, Canet-de-Meyreuil, Gardanne et Pertuis, près de 240 accueillies depuis l’origine du réseau… Pays d’Aix Développement (PAD) a célébré le 12 octobre au Centre International des Arts en Mouvement (CIAM) d’Aix-en-Provence les 15 ans du réseau de ses pépinières et hôtels d’entreprises innovantes que l’agence de développement économique gère et anime, à travers leurs directeurs Hélène Fonteneau et Frédéric Barlot. Une mission reconduite fin 2020 pour cinq ans supplémentaires. Plus d’une centaine de chefs d’entreprises et partenaires de l’accompagnement des entrepreneurs a assisté aux deux tables rondes associant anciens et nouveaux créateurs. Pour Maurice Farine, président de PAD, « les pépinières sont un élément essentiel de l’économie locale. D’une part, parce qu’elles permettent, à travers les projets qu’elles accueillent, de voir ce que sera le développement du territoire dans dix ans. D’autre part, parce qu’elles restent à 90% sur le pays d’Aix quand elles sortent de nos établissements et participent à son rayonnement ». Aujourd’hui, les quatre sites proposent 6 300 m2 de bureaux. Cette capacité va encore s’accroître puisque la surface de la pépinière de Pertuis (889 m2) devrait doubler pour abriter de nouveaux bureaux, ateliers et laboratoires… Les travaux débuteront en 2022.

Jamais seuls

Fondatrice de Genes’Ink qui réalise des matières conductrices et semiconductrices pour le « packaging » de composants électroniques, Corinne Versini a souligné d’abord combien la confiance manifestée dès ses premiers pas d’entrepreneuse a été « un élan » pour son projet. Avant de s’implanter à Rousset, l’entreprise a grandi dans la pépinière de Meyreuil et s’est vu attribuer une aide du Dispositif d’Amorçage de Provence, aujourd’hui Aix-Marseille-Provence Amorçage. « Le jury m’a montré qu’il croyait à mon idée, ça donne du courage pour avancer. Créer, c’est se retrouver plein de doutes. En pépinière, on échange beaucoup, on se tend des perches mutuellement et on se sent moins seul ». Pour Frédéric Pithoud, dirigeant d’Editag (objets connectés pour la traçabilité), également propulsée depuis Meyreuil, une pépinière offre un « environnement favorable pour ne pas se confronter à la solitude du chef d’entreprise ». Avec le recul des rebondissements que tous deux ont dû affronter dans leur parcours entrepreneurial, ils expriment deux vœux. Pour Corinne Versini, il faudrait mieux informer les créateurs de l’intérêt des procédures collectives, comme le mandataire ad hoc du Tribunal de Commerce, en cas de moments difficiles. « C’est un acte de gestion», insiste-t-elle, « et ça permet de se sentir protégé quand ça se passe mal ». Frédéric Pithoud souhaiterait que l’accompagnement intègre une plus grande ouverture à l’international. « Au minimum, on nous demande de viser des marchés européens. Cette dimension devrait être abordée dès le départ ».

Ecosystème puissant

Yacin De Welle (Optimum Tracker), Magali Boulanger (ENSAM), J.Santi, Daniel Garcia (Adequabio), Jean-Pierre Terraz (CEA) - Photo JC Barla
Yacin De Welle (Optimum Tracker), Magali Boulanger (ENSAM), J.Santi, Daniel Garcia (Adequabio), Jean-Pierre Terraz (CEA) - Photo JC Barla
Encore en pépinière, à Pertuis, Daniel Garcia, ancien chercheur du CEA Cadarache reconverti en co-créateur d’Adequabio (système de dépollution d’effluents phytosanitaires) avec Camille Escoffier, notamment grâce au soutien du CEA, apprécie de s’être lancé sur un territoire où « on est aidé tout le temps ». Il évoque, outre la pépinière, les appuis précieux fournis par l’IRCE, Réseau Entreprendre ou tout récemment par l’ADEME qui en a fait l’une des lauréates d’un appel à projets sur la transition écologique. Adequabio va se doter d’un atelier à Pertuis et prépare une levée de fonds. Cofondateur avec son frère Madyan d’Optimum Tracker qui permet aux panneaux photovoltaïques de suivre la course du soleil pour un rendement maximisé, Yacin de Welle entame un déploiement sur Dubaï, avec un bureau commercial. La création d’entreprise, c’est dès ses études qu’il y a pensé et il se réjouit, lui aussi, d’avoir trouvé localement les appuis nécessaires, notamment sur la pépinière de Meyreuil, alors qu’il étudiait aux Arts&Métiers à Aix. « Créer en étant étudiant, c’est prendre peu de risques, on vit une aventure, mais ça vaut la peine. Si c’était à refaire, je refais 100 fois » dit-il, invitant les établissements d’enseignement supérieur à démultiplier les échanges entre étudiants et entrepreneurs. Il sera entendu. L’écosystème de l’accompagnement à la création d’entreprise continue de se renforcer ainsi qu’en ont témoigné Magali Boulanger, chargée de mission Entrepreneuriat pour les Arts&Métiers à Aix, et Jean-Pierre Terraz, correspondant essaimage pour le CEA Cadarache qui entend apporter sa part à l’objectif du CEA de contribuer à la création de 15 à 20 entreprises par an dans les prochaines années contre une dizaine par an auparavant…


Rédigé par Jean-Christophe Barla, le Mercredi 13 Octobre 2021 | Lu 1448 fois






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