Menu

Relance : Coup d’envoi de quatre débats éco « by Upe 13 »


           

Emploi, mobilité, écologie, fiscalité, l’Upe 13 a lancé hier soir une grande consultation auprès des entreprises, déclinée en quatre débats sur l’ensemble du territoire*. Objectif ? « Agir ensemble pour la relance », façon agora participative, à la veille du grand Forum Présidentielles qui aura lieu le 1er décembre à Marseille en partenariat avec le MEDEF. Consacrée à la transformation du monde du travail, cette première soirée n’a pas manqué de panache, tant en termes de propositions que d’interventions.


Salle comble pour le premier débat éco organisé par lUpe 13 en faveur de la relance. Un peu moins d’une centaine de personnes se sont attablées dans l’espace Pernod Ricard des Docks de la Joliette pour témoigner et débattre autour de problématiques liées à l’emploi. Et tout le monde était d’accord sur un point préalable : toutes les filières sont aujourd’hui en tension. Que ce soit le manque de raison d’être, la pénibilité des métiers, le salaire, ou l’évolution des mœurs et des valeurs, les entreprises peinent à recruter et les candidats ne trouvent pas leur compte dans les offres proposées. Exacerbée, ou plutôt accélérée par les deux années de crise covid, la transformation du monde du travail est devenue une urgence absolue pour fidéliser et éviter le syndrome de la chaise vide.

Retrouver le sens

Dans l’assistance, de nombreux secteurs d’activités étaient représentés. La loi Pacte, au cœur des débats, fait réagir autant les grandes que les petites entreprises. Car, si certains intègrent et développent naturellement leur réflexion autour de la raison d’être, d’autres pointent le décalage avec la réalité de leur activité. Toutes les entreprises ont-elles un sens ? « Oui d’une façon ou d’une autre » répond Philippe qui a une association d’orientation professionnelle. « Je prends toujours l’exemple de cet atelier où le métier était de planter des clous dans une planche. Les gens étaient démotivés, c’est rébarbatif, ils ne voyaient pas leur utilité. Le simple fait de réfléchir et de leur permettre d’aller au bout du process en leur permettant d'amener le produit fini au client a suffi à tout changer. Voir à quel point leur travail avait un impact sur le dernier utilisateur a changé leur perception du métier ». Ainsi, la problématique ne serait pas liée au fait d’exercer des métiers « de base » mais plutôt à l’employeur de savoir créer les conditions nécessaires à la mobilisation de ses collaborateurs : proposer du télétravail quand cela est possible, organiser les horaires différemment pour éviter le stress des heures de pointe, dégager des week-ends dans la restauration en mettant en place des roulements, trouver des aides et des primes, et bien sûr, « quand les entreprises le peuvent, augmenter les salaires, car le salaire représente notre engagement et notre valeur dans l’entreprise. Mieux rémunérer permet d’enclencher un cercle vertueux et d’éviter une fracture sociale néfaste pour nous tous » martèle Philippe Korcia, président de l’Upe 13.

Tout miser sur le savoir-être

Côté recrues, le message est clair, ce ne sont plus les diplômes qui comptent mais la personnalité. Les Soft Skills deviennent la base du recrutement, et plutôt que de chercher automatiquement des Bac+3 ou 5, les employeurs alertent sur le fait qu’il vaut mieux former qu’éduquer. « Une compétence en 2021 a une durée de vie de deux ans. Dans les années 90, c’était trente ans » souligne Stéphane, qui accompagne les dirigeants dans leur développement. C’est ainsi que Thomas, directeur d’un cabinet de recrutement, intervient pour préciser qu’un entretien de nos jours ne doit plus être directif mais participatif. Ce qu’un employeur doit repérer ? l’esprit critique, le sens du service, l’esprit d’équipe, l’autonomie, la capacité d’adaptation, le savoir-être. Benjamin, collaborateur d’une scale-up dans l’intérim renchérit : « la personne recrutée doit répondre aux cinq critères qui correspondent à notre état d’esprit. Cela suggère qu’au préalable, nous assumions une vision qui nous est propre et que nous avons définie ». Cette vision permettrait ainsi d’engager une forme de cohérence, de lecture claire des intentions et de l’état d’esprit de l’entreprise. Un argument assurément vendeur pour les candidats qui pourront mieux inscrire leur emploi dans leur projet de vie. « On observe une plus grande attention à la vie privée » constate Ludivine, collaboratrice d’une entreprise qui travaille autour des épices, « Je crois beaucoup au fait d’amener du personnel dans l’entreprise, comme pourquoi pas, faire intervenir une naturopathe pour ceux que ça intéresse. Nous devons être des organisations apprenantes, où l’employé peut y puiser des choses qui vont enrichir son quotidien ». Stéphanie, d’un groupe d’emplois intérimaires appuie : « Nous devons capitaliser sur le savoir-être pour ensuite bien former et intégrer avec la bienveillance qui va dans le sens de notre transition sociétale ».

Ouvrir les entreprises

Le savoir-être certes. Reste la question épineuse de la formation. Pour Jeanne-Marie, fondatrice d’un organisme de formation, « le système d’orientation est à considérer. Le marché du travail est déconnecté du système scolaire ». Même son de cloche pour le directeur de Pôle emploi, « Nous devons travailler sur la curiosité des jeunes et sur le fait de casser les idées reçues. Par exemple, en industrie, on imagine toujours le chaudronnier en train de frapper avec son marteau alors que ce sont aujourd’hui des métiers techniques, qui s’appuient énormément sur une dimension numérique ». Alors Isabelle, également d’une agence d’emplois, lance un défi à l’assistance : « C’est à vous entreprise de donner l’envie d’avoir envie. Êtes-vous prêts à ouvrir vos entreprises ? ». Ainsi, visiter les usines permettrait de valoriser les métiers manuels, et visiter les entreprises aiderait à combler un déficit évident de connaissance de l’ensemble des métiers existants. Et Fabrice, directeur des Relations publiques d'un groupe d'ESS, de conclure : « Il y a 477 associations autour de l’emploi rien qu’à Marseille et chacun à raison. Pour autant on manque d’un langage commun. Il faut aller plus loin. Chacun doit jouer son rôle dans la société ». Pour finalement poser cette question simple : « Sommes-nous tous capables de laisser sa chance à quelqu’un sans regarder le CV ? ». La nuit a certainement porté conseil… jusqu’au prochain débat ! *


Pour participer aux prochains débats :

* Lundi 22 novembre à Aubagne : « Construire ensemble la mobilité de demain ».
* Mercredi 24 novembre à Rognac : « La transition écologique, une affaire d’entreprises ? ».
* Lundi 29 novembre à Aix-en-Provence : « Pour une redistribution équitable de la fiscalité ».
* Mercredi 1er décembre à Marseille : Forum présidentielles - « Faire réussir la France, la parole aux entrepreneurs ».
 
Pour vous inscrire : https://www.upe13.com/debats-eco-by-upe-13-agir-ensemble-pour-la-relance-4-sessions-1-forum

 


Rédigé par Orianne Olive, le Jeudi 18 Novembre 2021 | Lu 703 fois






>>> Dans la même rubrique >>>
< >

Vendredi 26 Novembre 2021 - 11:23 La Métropole lance un fonds d’aide au cinéma

Vendredi 26 Novembre 2021 - 11:16 Transition écologique : une démarche inévitable !






Businews Mag

Businews N°203 - Septembre Octobre 2021




Facebook

Derniers tweets

Les plus lus

Inscription à la newsletter