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Sauvetage in extrémiste pour le groupe CNIM



Le fleuron de la mécanique de précision reçoit un renfort de l’Etat de 40 millions d’euros. Il est entré en négociation exclusive avec le leader tricolore du recyclage pour céder une de ses activités non stratégiques.

           

Le groupe industriel varois CNIM, principal contributeur régional au programme de recherche de fusion Iter, est sorti d’affaires. Après des mois de négociation, son principal actionnaire, Nicolas Dmitrieff, a obtenu de l’Etat un prêt de 40 millions d’euros destiné à appuyer sa restructuration. La défaillance, fin 2019, de la société Clugston, associée au groupe outre-Manche sur plusieurs contrats de réalisation d’usines de valorisation de déchets ménagers est à l’origine des difficultés de ce groupe centenaire. A cause de cet épisode, l’ensemblier a été contraint de reprendre à sa charge le périmètre de ce sous-traitant pour honorer ses engagements contractuels.
« Nous avons dû mobiliser de nouvelles ressources et négocier ou renégocier plusieurs dizaines de contrats d’achats ou de sous-traitance dans des conditions d’urgence défavorables », expliquait alors la direction de CNIM dans un communiqué. Les pertes s’étaient chiffrées à 158,2 millions d’euros sur l’exercice, contraignant Nicolas Dmitrieff, président du groupe, à accepter de sévères concessions dont la vente de son siège parisien, 1.400 m2 situés à deux pas des Champs Elysées, pour un montant de 41 millions d’euros, et la signature d’un protocole de conciliation prévoyant la vente à la découpe de l’ensemble des activités. Les salariés s’étaient opposés à ce projet, considérant que les activités du groupe étaient « solidaires et inséparables ». CNIM est organisé en deux pôles : Environnement et Energie qui fabriquent notamment des incinérateurs d’ordures ménagères, et Innovation et Systèmes, spécialisé dans les systèmes complexes pour la défense, l’industrie spatiale et la recherche scientifique. Selon les années, l’équilibre financier est assuré par l’une ou l’autre de ces activités.
Le concours de l’Etat vient appuyer un projet de restructuration bien nourri. L’opération passe par la cession pour environ 30 à 40 millions d'euros de la branche Opération & Maintenance au groupe Paprec. Cette branche du groupe industriel est spécialisée dans l'exploitation d'unités de valorisations énergétiques. Elle opère en France, en Grande-Bretagne et en Azerbaïdjan où elle gère au total neuf unités de valorisations énergétiques et biologique. L’ensemble pèse 90 millions d’euros et devrait permettre au premier acteur français du recyclage entré dans l’exploitation de ce type d’unités en 2018.
« Cette opération contribuera de façon déterminante à la stabilisation de la situation financière du Groupe. Très peu de ventes d’actifs seront encore envisagées et ils ne concerneront alors que des activités éloignées de notre cœur de métier », a tenu à rassurer dans un message aux salariés le directeur général de CNIM, Louis-Roch Burgard. Pour réduire l'endettement du groupe, les banques ont été amenées en parallèle à convertir leur créance en quasi capital, sous forme d'obligations convertibles ou assimilées, voire de façon très minoritaire en capital. La restructuration arrêtée prévoit la conversion de 71 % de la dette existante en instruments de quasi-fonds propres de type obligations non cotées remboursables en actions nouvelles (ORA) à hauteur de 163 millions d’euros.
 
 


Rédigé par Paul Molga, le Jeudi 8 Avril 2021 | Lu 117 fois





Paul Molga


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