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Sébastien Richard crée l’École marseillaise de l’alimentation et de l’hôtellerie


Rédigé le Jeudi 8 Février 2024 par Marie-Odile Helme


Initiée par le restaurant solidaire Le République, le nouveau projet de Sébastien Richard, une école atypique et gratuite de réinsertion par l'inclusion, est parrainé par un collectif de nombreux chefs et cheffes. Elle devrait accueillir 1 500 apprenants en 2025.


Autour de Sébastien Richard, une pléiade de chefs/cheffes pour fêter les deux ans du République et le lancement de l’Emahi © Robert Poulain
Autour de Sébastien Richard, une pléiade de chefs/cheffes pour fêter les deux ans du République et le lancement de l’Emahi © Robert Poulain
Trois mots clés : « Émotion, prétention sociétale, désapprendre » ! Le premier fait référence au deuxième anniversaire du restaurant Le République porté par l’association La Petite Lili, nommée en hommage à la maman du chef Sébastien Richard, son créateur. La deuxième expression résume le projet qu'il porte en ce moment, l’École marseillaise de l’alimentation et de l’hôtellerie par l’inclusion (Emahi) et le troisième mot synthétise une façon différente d’apprendre. Mercredi 7 janvier, une pléiade de grands chefs français, parmi lesquels Thierry Marx, Alexandre Mazzia, Gérald Passédat, Nadia Sammut, Giorgiana Viou, Emmanuel Perrodin et Régis Marcon, ont répondu présent à l’invitation du fondateur du République. Au-delà de l’anniversaire, célébré comme il se doit, tous ces chefs sont venus s’impliquer avec enthousiasme dans le lancement de cette école inclusive ouverte à tous, de 18 à 62 ans, sans aucune condition de diplôme.
 
Nadège Delmotte, la directrice de cette école, ancienne présidente de la Fondation Boulanger, a livré les détails des premières opérations. « L’Emahi est basée sur la coopération. Elle a une prétention à la fois écologique et sociétale. On trouve à sa gouvernance un comité stratégique de l’alimentation, présidé par Gérald Passédat, et dont la vice-présidente est Nadia Sammut. Son rôle sera de penser et inventer les pratiques de demain. Nos formateurs, qui seront initiés dès avril prochain à la formation inclusive, sont des professionnels des différents métiers de l’alimentation et de l’hôtellerie. Quant aux premières formations qualifiantes, elles démarreront en septembre prochain au République, à Mia Bella et à Casa Méditerranée ». Ce dernier lieu devrait ouvrir en avril sur la Canebière, à l’emplacement de l’ex-bijouterie Piéry. Dans un premier temps, c'est là que sera basée l’Emahi. L'école s’installera plus tard dans la future grande halle des métiers de la bouche, au cœur de Marseille.
 

« L’économie sociale n’est pas une économie de miséricorde »

Destinées aux personnes les plus éloignées de l’emploi en raison de difficultés sociales et professionnelles particulières (âge, état de santé, précarité), ces formations gratuites s’étaleront de 4 à 24 mois selon les métiers choisis et les certifications préparées. Pour Sébastien Richard, « l'Emahi est une école où on apprend par le faire. C’est aussi et avant tout un collectif de personnes engagées autour de nos thèmes de prédilection, l’alimentation durable, l’avenir de la profession, la création de liens et les nouveaux business models inclusifs et solidaires ». Atypique, cette structure qui pourrait faire partie du plan « Marseille en Grand », projette d’accueillir 1 500 apprenants, l’an prochain, dans 20 lieux différents (chaque formateur recevra les « élèves » dans son entreprise). Quant au budget, encore en cours de construction, il devrait être apporté entre autres par les Opco, (organismes opérateurs de compétences agréés par l’Etat) mais aussi par des acteurs privés.

Thierry Marx (créateur de Cuisine mode d’emploi, Boulangerie mode d’emploi…), a été désigné co-parrain de l’école (avec Guillaume Gomez, ambassadeur de la gastronomie française). Il commente : « L'économie sociale n’est pas une économie de miséricorde, mais un moyen de résorber la fracture sociale, la possibilité d’établir des passerelles pour ne pas se sentir assigné à une situation sociale, quelle qu’elle soit. Tout le monde doit prendre ses responsabilités pour chercher des solutions et avancer ensemble ». 




Marie-Odile Helme

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