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Du Co2 pour traiter définitivement la question des boues rouges d’Alteo


           



Pointée du doigt pour le déversement des boues rouges, au cœur du parc national des Calanques, la société Alteo a investit 20 M€ en 2015 dans de nouvelles technologies pour traiter en amont ses eaux résiduelles. Le fabricant d’alumines, basé à Gardanne, a présenté le 15 mars, à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille, un nouveau process pour améliorer la qualité de ses rejets en mer. Un nouvel investissement de 6 M€ va être réalisé en 2018, fruit de deux années de R&D.

Injecter du gaz carbonique pour transformer les métaux dissous dans l’eau à l’état solide… Cette technique, expérimentée avec succès par Alteo aux côtés d’Air Liquide, au terme de deux années de R & D, serait donc la planche de salut de l’industriel décrié pour le déversement des boues rouges au large de Cassis.

« Nous ne sommes pas des experts dans le traitement de l’eau. C’est pourquoi, fin 2015, nous avons collaboré avec une vingtaine de société et testé des idées. Nous avons mis en œuvre des pilotes industriels permettant de valider une solution portant sur le traitement de l’eau en injectant du CO2. En avril 2018, nous allons investir 6 M€ dans la construction d’une station de traitement des eaux », a annoncé Frédéric Ramé, président d’Altéo. Cette unité opérationnelle début 2019 viendra compléter les précédents investissements.

En 2015, 20 M€ avaient été engagés dans l’installation de trois filtre-presse et d’une station de traitement des eaux. « Nous avions déjà réduit de plus de 99% la quantité de métaux dans les effluents, il nous manquait 1% d’amélioration significative », précise Frédéric Ramé.

Alteo rejette en mer 270 m3 d’eau/ h avec une concentration de 0,02% de métaux dissous (aluminium et arsenic). « Ce nouveau procédé permet ainsi d’extraire les 0,02 % dans les effluents en baissant le PH, en injectant du CO2 pour transformer les métaux en solide et les séparer du liquide », détaille Eric Duchenne, directeur des opérations. Cette technique permettra d’abaisser de 150 à moins de 5mg/l la concentration en aluminium et de réduire de 0,06 mg/l à 0,05 mg/l, la quantité d’arsenic. Les résidus solides seront ensuite réinjectés dans le process de fabrication de l’alumine.

Altéo qui a réalisé un chiffre d’affaires de 220 M€ en 2017 dont 72% à l’export est l’un des plus gros clients du port de Marseille-Fos avec 7000 conteneurs exportés chaque année. « L’an dernier, nous avons triplé nos exportations vers la Chine », se félicite Frédéric Ramé. La bauxite, matière première de l’usine, est importée depuis la Guinée vers Fos. Chaque jour deux trains circulent depuis le terminal Carfos jusqu’à l’usine acheminant 3000 tonnes.

Alteo a entamé une diversification de sa production avec des alumines de spécialité. « Nous apportons une valeur spécifique de haute performance. Les écrans plats renferment 16% d’alumines. Nous alimentons également les filtres à particules dans les véhicules diésel et essence. Depuis deux ans, nous avons développé une gamme destinée aux séparateurs des batteries électriques pour éviter les court circuits », complète le Pdg. Alteo, seule usine d’alumines en France, emploie 850 personnes sur son site de Gardanne.

Nathalie BUREAU DU COLOMBIER

Photo : De g. à dte : Eric Duchenne, directeur des opérations, Frédéric Ramé, président d’Alteo et Maurice Wolff, vice-président de la CCIM-P. © N.B.C

nbdc


Rédigé par nbdc, le Vendredi 16 Mars 2018 | Lu 0 fois





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