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Interxion: La base sous-marine allemande du port sur un nuage


           



Si vous avez du mal à matérialiser le cloud, le nuage… Il suffit de regarder dans l’enceinte du port de Marseille. « Martha », la base sous-marine allemande, s’apprête à connaître une nouvelle vie. Métamorphosé en data center, le site sera achevé en février 2020 et hébergera à compter de mars les premières baies informatiques des opérateurs mondiaux du cloud. Rebaptisé « MRS3 », le bâtiment abritera notamment les opérations cloud d’Amazon, Google et Microsoft. Visite guidée du chantier par Fabrice Coquio, président d’Interxion France. 

Pourquoi le groupe néerlandais Interxion s’est donné autant de mal et a investi 140 M€ pour transformer la base sous-marine construite en 1943 par les Allemands en usine numérique ? « La localisation est fondamentale pour déclencher les investissements. Ce bâtiment, se trouve près de la nouvelle station d’atterrage des câbles sous-marins de communication, il est inadapté pour un data center mais parfait pour proposer du cloud. Il fait face à MRS 2, notre data center classique.  Marseille est entré dans le top 10 mondial des hubs numériques et je fais le pari que la ville se hissera dans le Top 5 dans moins de trois ans. Le nouveau câble Ella Link arrivera fin 2020. Sa capacité sera de 320 Térabits, soit le double du cumul des 14 câbles actuels qui convergent sur les plages du Prado pour un temps de latence divisé par deux », avance Fabrice Coquio, président d’Interxion France.

Casque vissé sur la tête, il a convié la presse le 22 octobre à découvrir la transformation du bâtiment laissé en friche en usine digitale. Des cellules de 300 m2 sont en cours d’aménagement. En lieu et place des sous-marins, des milliards de données transiteront dans ces murs, films, musiques, sons, fichiers bancaires… De Singapour à São Paulo en passant par l’Inde et l’Afrique, soit environ 4,5 milliards de personnes qui transiteront sans s’en apercevoir via le port de Marseille pour récupérer du contenu. Interxion construit également des bureaux destinés à accueillir des équipes de ses clients. 

Pour alimenter le bâtiment qui consommera 24 MW, autant qu’une ville de 20 000 habitants, Interxion a investi 20 M€ dans son propre poste source de 80 MW auprès d’Enedis. Par ailleurs  MRS 3 sera refroidit par la « Galerie de la Mer », une rivière souterraine en provenance de l’ancienne  mine de charbon de Gardanne. Interxion a investi 8M€ pour détourner cette rivière à la température idéale 14°C pour rafraichir les machines.

Depuis son arrivée à Marseille en 2013, Interxion aura investi 300 M€ et devrait poursuivre sa conquête du foncier sur le port avec la transformation du hangar « Mac Gregor » en un data center « MRS4 » en 2021. Le nord du port, voué  à la réparation navale, se métamorphose peu à peu en quartier numérique. Le Smartport de Marseille applique à la lettre la feuille de route fixée par le gouvernement, à savoir optimiser le foncier pour compenser la baisse des recettes de la rente pétrolière. Marseille cueille les fruits de cette manne numérique et multiplie les conventions d’occupation temporaire. Finalement, le cloud est une richesse qui ne tombe pas du ciel mais arrive par la mer…

Nathalie BUREAU DU COLOMBIER

Casque vissé sur la tête, Fabrice Coquio, président d’Interxion France, a convié la presse le 22 octobre à découvrir la transformation de la base sous-marine allemande en usine digitale. ©N.B.C

 

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Rédigé par nbdc, le Lundi 28 Octobre 2019 | Lu 3 fois





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