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L’UFIP nuance les attraits des véhicules électriques


           



A Marseille, le 8 mars, Francis Duseux, président de l’Union Française des Industries Pétrolières (UFIP), a estimé qu’une transition énergétique à marche forcée n’est ni raisonnable, ni réaliste, au vu des risques qu’elle présente pour la France.

Le président de l’Union Française des Industries Pétrolières (UFIP) déteste la langue de bois. Après s’être livré fidèlement par le passé à l’exercice au nom d’Esso France, Francis Duseux revient présenter chaque année à Marseille la conjoncture de son secteur. Et il frappe toujours fort, comme en témoigne son intervention du 8 mars au Sofitel Vieux-Port. Il s’est évertué à battre en brèche les discours enthousiastes sur les avantages des véhicules électriques. A ses yeux, le mix énergétique continuera à se diversifier avec l’essor des énergies renouvelables, mais le pétrole et le gaz resteront « essentiels », même si le parc de véhicules électriques (hybrides et sur batterie) atteignait les 2 milliards en 2040. « Il faut modérer les ardeurs, dit-il. Des déclarations ne sont pas réalistes, les véhicules électriques ne constituent pas la solution universelle. Pour l’instant, beaucoup d’obstacles restent un frein à son modèle économique ». Il cite, entre autres, la dépendance à des métaux rares (cobalt, lithium…), l’autonomie limitée, les contraintes de temps de charge… et des arguments moins fréquemment énoncés : « Les batteries actuelles sont limitées à 1 000 charges / décharges. Leur remplacement, très coûteux, s’impose au bout de trois ans, puis leur recyclage. N’oublions pas, non plus, que dans 40% des pays en moyenne, l’essor des véhicules électriques sera vraiment l’ennemi de la qualité de l’air car l’électricité viendra de centrales au charbon, ce qui augmentera les émissions de CO2 ».

« Diesel en baisse mais pas foutu »

Son argumentation se veut aussi économique. En 2017, la consommation de produits pétroliers a confirmé sa stabilisation autour de 74 millions de tonnes dans notre pays. « L’Etat perçoit 37,6 milliards d’euros de taxes sur les carburants. L’expansion des véhicules électriques risque de provoquer des trous dans le budget. Il lui faudra à terme taxer aussi l’électricité » juge Francis Duseux. S’il se montre favorable à « sortir les vieux diesel du marché », s’il admet que « le diesel continuera de baisser », il rappelle qu’encourager un écroulement rapide de la consommation de gazole entraînerait illico un accroissement des émissions de CO2. Mais selon lui, il faudra plusieurs années pour noter une inflexion. « En France, il se vend un million de véhicules neufs pour 4 à 5 millions de véhicules d’occasion. La fiabilité des voitures fait qu’elles sont gardées plus longtemps. Un parc automobile, c’est 12 à 14 ans en moyenne ». S’attaquer au pétrole lui semble contre-productif pour la France puisqu’il pèse 46% de l’énergie finale consommée du pays, 92% de l’énergie des transports et 200 000 emplois directs et indirects. « Il faut garder compétitif notre outil de raffinage sauf à se rendre dépendant de l’étranger » martèle-t-il. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le secteur emploie 1 500 personnes, 2 500 dans la pétrochimie et génère 8 000 à 10 000 emplois, selon le délégué régional, Jacques Payan pour qui « ce sont aussi 700 millions d’euros d’achats et 200 millions d’euros investis chaque année ». Pour Francis Duseux, l’interdiction de l’exploration / production n’est guère plus rationnelle : en France, 758 000 tonnes de pétrole ont été extraites en 2017. « C’est une position idéologique. Le « Made in France », c’est vertueux, avec des emplois, des taxes, de la réduction d’émissions de CO2… Tout ce que la France ne fera plus, elle sera obligée de le transporter. C’est particulièrement dramatique et dommageable pour la Guyane où on pense qu’il y a des ressources considérables ».

Jean-Christophe Barla

jcbarla


Rédigé par jcbarla, le Mardi 13 Mars 2018 | Lu 0 fois





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