Sandra Meyer, directrice générale de Cerballiance Provence Azur, Delphine Hauptmann, directrice de l'ARS 13, Jean-Christophe Amarantinis, président de la commission santé et président de l'UPE 13 et Eva Ben-Saadi, journaliste, animatrice de la table ronde. © DR
Gros succès pour la première “matinale” organisée le 28 mai dernier par la commission santé de l’UPE 13, et qui s'est déroulée au coeur de la résidence senior Les Jardins d'Haïti à Marseille. Près de 200 personnes, dirigeants d'établissements, experts RH, institutionnels, acteurs de la formation, professionnels de terrain ou représentants de l'emploi, sont venues assister à deux tables rondes qui posaient la question de la difficulté à recruter que traverse en ce moment le secteur. « D’ici 2030, expliquait Jean-Christophe Amarantinis, nouveau président de l’UPE 13, le secteur de la santé devra recruter plus de 400 000 nouveaux collaborateurs en France et 36 000 équivalents temps plein en Provence-Alpes-Côte d’Azur. »
Face au défi démographique du vieillissement de la population, mais aussi technologique et social, la santé constitue aujourd’hui un enjeu crucial d’attractivité du territoire, d’emploi, d’innovation et d’investissement. « On parle beaucoup d’IA en ce moment, pointe Jean-Christophe Amarantinis, mais pour notre part nous avons besoin de bras, de personnes bien réelles. »
Face au défi démographique du vieillissement de la population, mais aussi technologique et social, la santé constitue aujourd’hui un enjeu crucial d’attractivité du territoire, d’emploi, d’innovation et d’investissement. « On parle beaucoup d’IA en ce moment, pointe Jean-Christophe Amarantinis, mais pour notre part nous avons besoin de bras, de personnes bien réelles. »
Mireille Parey, infirmière cadre des Jardins d'Haïti, Olivier Toma, DG de Primum Non Nocere, Véronique Léone, directrice générale du CFA Cerfah, Eric Besson, DRH région du groupe Korian, et Shaanaz Ghozael, directrice régionale de Domus Vi. © DR
Produire du sens
La première table ronde a abordé les solutions concrètes, existantes ou à mettre en place, pour valoriser les métiers de la santé et les rendre attractifs pour les jeunes. On a bien sûr beaucoup parlé de “soft skills”, ces compétences comportementales et relationnelles que demande obligatoirement le secteur de la santé, mais aussi de technicité et de savoir-faire.
Shaanaz Ghozael, directrice régionale de Domus Vi, a insisté sur la professionnalisation grandissante et nécessaire des salariés. « Aide-soignante en hôpital, en psychiatrie ou en Ehpad, ce sont des métiers totalement différents. L’empathie et l’humain sont toujours nécessaires, mais ils ne suffisent plus ».
Ce à quoi réagit Véronique Léone, directrice du Centre régional de formation des apprentis (CFA) des métiers de l’hospitalisation, en demandant aux entreprises de participer à la formation en accueillant chez elles les apprentis. Si la grande majorité des 700 apprentis du CFA sont accueillis dans des structures professionnelles, il en reste encore qui attendent un employeur. « On a besoin de faire revenir les jeunes en formation. Je m’aperçois que nos effectifs se réduisent d’année en année. »
Pour MIreille Parey, infirmière cadre des Jardins d'Haïti, c'est l'éthique du métier qui peut valoriser les salariés. Elle affirme que ceux-ci sont « au coeur de notre projet des Jardins d'Haïti ». Elle ajoute que pour elle, « un bon soignant doit être avant tout lui-même dans une ambiance de bien-être ». Olivier Toma, directeur général de Primum Non Nocere, conseil en formation RSE, confirme que « le gros problème dans le secteur, c'est effectivement la perte de sens ». Il informe l'assemblée un peu interloquée que « tous les jours, dans les entreprises de la santé, il y a 100 000 personnes qui ne viennent pas travailler, qui sont en arrêt-maladie ». Il attire l'attention sur un contexte souvent mal apprécié par les employeurs du secteur, la pollution chimique, la qualité de l'air intérieur souvent saturé de composants volatiles toxiques. « L'entreprise de santé doit être aussi un lieu de préservation de la santé pour ses salariés. »
Shaanaz Ghozael confirme. Pour elle, la formation des managers est essentielle pour établir cette qualité de l'ambiance au travail. Elle met en lumière l'aspect fondamental de la prise en compte de la vie personnelle des salariés. « Nous avons longtemps pensé que nos équipes devaient laisser leurs problèmes personnels à la porte du travail. Mais c'est impossible, en fait. Un salarié préoccupé n'est pas serein dans son travail. » Elle cite quelques dispositifs mis en place par Domus Vi pour accompagner ses salariés : “mentacare”, pour les questions de santé mentale, l'aide aux devoirs pour les enfants, les “comités de métiers” qui permettent des échanges d'un site à l'autre...
Éric Besson, responsable RH du groupe Korian, insiste pour sa part sur la prise de décisions. « Il est essentiel pour le bien-être au travail que les grandes décisions qui impactent les services soient prises en commun, avec l'avis et l'intervention des collaborateurs. »
Shaanaz Ghozael, directrice régionale de Domus Vi, a insisté sur la professionnalisation grandissante et nécessaire des salariés. « Aide-soignante en hôpital, en psychiatrie ou en Ehpad, ce sont des métiers totalement différents. L’empathie et l’humain sont toujours nécessaires, mais ils ne suffisent plus ».
Ce à quoi réagit Véronique Léone, directrice du Centre régional de formation des apprentis (CFA) des métiers de l’hospitalisation, en demandant aux entreprises de participer à la formation en accueillant chez elles les apprentis. Si la grande majorité des 700 apprentis du CFA sont accueillis dans des structures professionnelles, il en reste encore qui attendent un employeur. « On a besoin de faire revenir les jeunes en formation. Je m’aperçois que nos effectifs se réduisent d’année en année. »
Pour MIreille Parey, infirmière cadre des Jardins d'Haïti, c'est l'éthique du métier qui peut valoriser les salariés. Elle affirme que ceux-ci sont « au coeur de notre projet des Jardins d'Haïti ». Elle ajoute que pour elle, « un bon soignant doit être avant tout lui-même dans une ambiance de bien-être ». Olivier Toma, directeur général de Primum Non Nocere, conseil en formation RSE, confirme que « le gros problème dans le secteur, c'est effectivement la perte de sens ». Il informe l'assemblée un peu interloquée que « tous les jours, dans les entreprises de la santé, il y a 100 000 personnes qui ne viennent pas travailler, qui sont en arrêt-maladie ». Il attire l'attention sur un contexte souvent mal apprécié par les employeurs du secteur, la pollution chimique, la qualité de l'air intérieur souvent saturé de composants volatiles toxiques. « L'entreprise de santé doit être aussi un lieu de préservation de la santé pour ses salariés. »
Shaanaz Ghozael confirme. Pour elle, la formation des managers est essentielle pour établir cette qualité de l'ambiance au travail. Elle met en lumière l'aspect fondamental de la prise en compte de la vie personnelle des salariés. « Nous avons longtemps pensé que nos équipes devaient laisser leurs problèmes personnels à la porte du travail. Mais c'est impossible, en fait. Un salarié préoccupé n'est pas serein dans son travail. » Elle cite quelques dispositifs mis en place par Domus Vi pour accompagner ses salariés : “mentacare”, pour les questions de santé mentale, l'aide aux devoirs pour les enfants, les “comités de métiers” qui permettent des échanges d'un site à l'autre...
Éric Besson, responsable RH du groupe Korian, insiste pour sa part sur la prise de décisions. « Il est essentiel pour le bien-être au travail que les grandes décisions qui impactent les services soient prises en commun, avec l'avis et l'intervention des collaborateurs. »
Kareb Fouchy, experte régionale santé chez France Travail, Delphine Hauptmann, directrice de l'ARS 13, Marie-Anne Montchamp, directrice générale de l'OCIRP et Yann Coléou, président d'Almaviva Santé. © DR
Sortir des stéréotypes
La deuxième table ronde portait sur l'enjeu politique et sociétal des métiers de la santé. Si Yann Coléou, président d'Almaviva Santé, estime qu'il faudra « modifier quelques règles », Delphine Hauptmann, directrice de l'ARS 13, pense qu'il y a « une sorte de “mur du vieillissement” qui nous attend ». Pour attirer et conserver de nouveaux collaborateurs, Karen Fouchy, experte régionale santé de France Travail, préconise de « privilégier le “savoir-être”. Nous faisons aujourd'hui des recrutements immersifs parce qu'il font émerger tout de suite les qualités de savoir-être. Et cette approche est tout aussi pertinente pour ce que j'appelle les métiers connexes du soin, les cuisiniers, les animateurs... ».
Cet enjeu sociétal peut être comblé par « l'abandon des stéréotypes », annonce Marie-Anne Montchamp, directrice générale de l'OCIRP, une union d'institutions de prévoyance. « Quand une aide-soignante ne peut parler le soir que des tâches qu'elle a accomplies dans la journée, il n'y a pas de satisfaction pour elle. Si, au contraire, elle se remémore l'image d'une personne avec laquelle elle a échangé, qu'elle a aidé à surmonter un problème, les échanges qu'elle a eus avec la famille de cette personne... alors, elle est comblée. C'est ça que j'appelle sortir des stéréotypes. »
Yann Coléou voudrait qu'on « arrête de recruter selon la technique du bébé nageur. Lancer nos nouveaux salariés dans le bain sans les préparer, c'est une sorte de manque de respect. » Karen Fouchy le rejoint en pointant « l'importance du tutorat ».
Jean-Christophe Amarantinis, en conclusion de la matinée, estime que les échanges « ont été dynamiques et constructifs ». Ce premier succès augure d'une prochaine “matinale” de la commission santé avant la fin de l'année.
Cet enjeu sociétal peut être comblé par « l'abandon des stéréotypes », annonce Marie-Anne Montchamp, directrice générale de l'OCIRP, une union d'institutions de prévoyance. « Quand une aide-soignante ne peut parler le soir que des tâches qu'elle a accomplies dans la journée, il n'y a pas de satisfaction pour elle. Si, au contraire, elle se remémore l'image d'une personne avec laquelle elle a échangé, qu'elle a aidé à surmonter un problème, les échanges qu'elle a eus avec la famille de cette personne... alors, elle est comblée. C'est ça que j'appelle sortir des stéréotypes. »
Yann Coléou voudrait qu'on « arrête de recruter selon la technique du bébé nageur. Lancer nos nouveaux salariés dans le bain sans les préparer, c'est une sorte de manque de respect. » Karen Fouchy le rejoint en pointant « l'importance du tutorat ».
Jean-Christophe Amarantinis, en conclusion de la matinée, estime que les échanges « ont été dynamiques et constructifs ». Ce premier succès augure d'une prochaine “matinale” de la commission santé avant la fin de l'année.








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