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Proman, agile dans la crise

Entreprise

           

Stéphanie Bernard, directrice opérationnelle Sud de Proman qui couvre les régions Sud Paca et Languedoc, revient sur l’activité d’un groupe dédié à l’intérim et au recrutement. En période de crise, Proman a joué la carte de l’adaptation et de l’innovation dans un secteur en première ligne face aux soubresauts de l’économie


Photo Stéphanie Bernard, directrice opérationnelle de Proman dans le Sud, revient sur la politique d’innovation au sein du groupe manosquin.
Photo Stéphanie Bernard, directrice opérationnelle de Proman dans le Sud, revient sur la politique d’innovation au sein du groupe manosquin.
Quel bilan dresse Proman au terme de 30 ans d’existence ? 
 
Proman, pour Professionnels de Manosque a été créé en 1990 à Manosque par Roland Gomez, chaudronnier de métier à l’origine, qui est toujours le président fondateur. Spécialisé dans le travail temporaire et le recrutement, le groupe a amorcé un développement exponentiel tout en gardant un ancrage fort sur le territoire. Le tournant à l’international a été amorcé en 2013 avec l’ouverture d’une première agence en Suisse, il s’accélère en 2018 avec une implantation Outre-Atlantique. Aujourd’hui, le groupe couvre 13 pays, l’Espagne, le Portugal, la Suisse, le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas, Monaco, l’Angleterre, les Etats-Unis, le Canada, la Pologne et la Croatie. L’entreprise qui reste indépendante et familiale, puisque la direction générale est aujourd’hui assurée par Roland Gomez fils, a ainsi passé le cap des 200 agences en 2015 et vise un rythme d’ouverture de 15 nouvelles entités chaque année en croissance organique. Elle étudie divers projets pour dynamiser son développement. En 2020, juste avant le confinement, le groupe a ainsi acquis Agilitas, 6e acteur belge et 11e néerlandais qui réunit 152 agences et affichait un CA en 2019 de 500 millions d’euros. Cela nous permet d’accéder à de nouveaux marchés, notamment en Europe du Nord. Aujourd’hui, la part de la France dans notre CA de 2,4 milliards d’euros est de 60 % ; nous visons une augmentation à 4 milliards d’euros et une répartition 50-50%, France-International d’ici 2023. Ce sont 75 000 intérimaires qui sont en mission chaque jour dans le monde et 45 000 dans l’hexagone, du niveau manœuvre au cadre et ce dans tous les secteurs, BTP, logistique, industrie, tertiaire etc… Nous intervenons aussi dans le recrutement, pour une petite part de notre activité - environ 5% - afin de fournir à nos clients une solution RH globale. 
 
 Proman est très attaché à la cause sportive ? 

L’entreprise aime le sport et ses valeurs, c’est à ce titre que Proman a été le recruteur officiel de l’UEFA et celui de la coupe du monde de foot féminin en 2019. Pour 2023, nous serons partenaire officiel de la coupe du monde de Rugby. Ces grandes manifestations nous assurent visibilité et rayonnement. C’est aussi le moyen d’inviter et de fidéliser nos intérimaires et nos clients. 
 
Comment avez-vous vécu la crise à ses débuts ? 

Si on fait une rétrospective de l’année 2020, le coup d’arrêt dû au premier confinement a été assez violent avec un recul de 70% de l’activité dans l’intérim, à partir du 17 mars. Il faut savoir que l’intérim est un bon indicateur de l’activité économique, c’est un secteur en première ligne qui subit les à coups de l’économie. En revanche, on perçoit aussi les premiers signe de reprise, puisque les entreprises ont souvent recours aux intérimaires avant d’embaucher. Durant le premier confinement, nos agences sont restées ouvertes en respectant toutes les consignes sanitaires, en assurant des permanences. Il nous a semblé logique de continuer à accompagner nos clients, notamment dans les secteurs qui étaient demandeurs, l’agro-alimentaire, la logistique, l’industrie et la distribution. 
 
Et aujourd’hui ?

Proman est remonté plus vite que le marché. Tous les acteurs de l’intérim ont enregistré un recul de leur CA - 22,5 % en moyenne en 2020. Il n’a été pour Proman que de -13,5 %. Ce qui fait presque un différentiel de 10 points d’écart par rapport au marché. Cette résistance est liée au maintien des agences. Ce qui nous a aidé ? Une reprise progressive, sans que l’on soit dépendant d’un secteur d’activité. La logistique, le commerce, la distribution, ont maintenu leur niveau d’activité. Confrontés à cette période d’incertitude, nous sommes restés mobilisés en espérant un retour à la normale des choses.

Vous misez sur une logique d’action ? 

L’innovation est stratégique pour nous. Proman a continué dans cette voie, et dans cette période difficile l’agilité et l’adaptation nous fait avancer et permis de travailler différemment. On a beaucoup développé les outils digitaux, notamment dans le recrutement, pour approcher les candidats. Un exemple ? Nous avons initié une campagne de recrutement sur Tik Tok dédiée aux demandeurs d’emploi de 20 ans pour les jobs d’été et la période de pics d’activité. Elle nous a permis de recueillir plus de 500 candidatures par jour en France. Lors de la période de Noël, nous avons fait une campagne sur Twitch, leader du live en streaming, site dédié aux gameurs, où grâce à une vidéo décalée, 2000 intérimaires ont candidaté. Proman milite pour recruter autrement, ce qui nous a conduit à refondre et à simplifier notre site web et créant de nouvelles fonctionnalités. Dont celle qui permet de postuler à plusieurs offres en un seul clic. Afin d’être réactif au regard des besoins de nos clients, une application assure une mobilisation totale 24 heures sur 24.  
 
 Comment envisagez-vous l’avenir ?

En continuant à innover, au sein de notre entreprise qui n’est pas contrainte par des actionnaires multiples et peut garder son cap. La RSE est aussi une priorité. C’est pourquoi nous avons adhéré à la charte de la diversité. Il nous faut aussi penser à répondre aux besoins de l’avenir. Proman accompagne les candidats en les formant aux métiers de demain. 20 millions d’euros ont été consacrés en France à la formation professionnelle cette année. Nous intervenons en partenariat avec les organismes d’insertion du secteur pour rapprocher les personnes éloignées de l’emploi des entreprises en assurant montée en compétence, formation et savoir être. C’est un enjeu important pour les entreprises qui n’arrivent pas à pourvoir leurs besoins en recrutement malgré le repli économique. 



Rédigé par Fabienne Berthet, le Jeudi 11 Mars 2021 | Lu 310 fois