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Week-end noir sur fond jaune


           



Après quelques jours de blocage, les conséquences économiques se font lourdement sentir. En particulier pour les commerces.

La colère jaune a mis l’économie régionale sous tension. Totalement bloquée le week-end dernier, Plan de Campagne, la plus grande zone commerciale du sud avec ses quelques 500 enseignes au barycentre de la métropole Aix-Marseille Provence, a perdu 80% de ses clients samedi dernier et la moitié le lendemain, habituellement jour d’affluence record à quelques semaines de Noël. A la veille du Black Friday, l’un des plus gros week-end shopping de l’année au cours desquels les commerces réalisent en trois jours un quart de leur chiffre d’affaires du mois de novembre, c’est l’inquiétude. « Les victimes des gilets jaunes ne sont pas le gouvernement mais nos commerces. S’ils poursuivent le mouvement, l’impact sur l’emploi sera notable », décrit Pierre Pedreno, président de l’association des commerçants de Plan-de-Campagne qui regroupe 350 commerçants de la zone. Il vient de lancer un appel à l’Etat pour sécuriser l’accès à la zone le week-end prochain.

« Certains commerçants n'ont même pas pu ouvrir leur magasin et des employés n'ont pas pu accéder à la zone, poursuit le porte-parole. Dans le meilleur des cas, leur salaire ou leurs commissions seront rognés. Ajouté à la perte de patience des clients, la situation risque d’entrainer de nombreux licenciements économiques ». Il cite notamment le cas des employés de Leroy Merlin dont la prime annuelle sera rognée de 20% en raison des pertes de la semaine dernière. Certains supermarchés ont d’ores et déjà enregistré des pertes de 50.000 euros par jour. « Je suis effondré, témoigne de son côté Enrique Juste, fondateur de l’enseigne Intercave. Je n'ai pas eu un client le week-end dernier et j’appréhende ce vendredi. Nous préparons le Black Friday depuis des mois, c'est un des plus gros moments de l'année en termes de business et si les « gilets jaunes » empêchent à nouveau nos clients de venir, ce sera une catastrophe ». Plus de 7.500 salariés de la zone sont concernés.

Ils ne sont pas les seuls : la Provence compte trois autres points chauds devant le Marché d’Intérêt National de Chateaurenard où les gilets jaunes ont reçu le renfort des agriculteurs, à Arles et à Martigues où l’ensemble de l’économie, industrielle et commerciale, est paralysée. « Il y a un vrai risque de pénurie d’essence », estime un spécialiste. Un autre pointe le danger pour la sécurité des sites Seveso.

Paul Molga

oolive


Rédigé par oolive, le Jeudi 22 Novembre 2018 | Lu 0 fois





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